Guillaume nous a proposé un fort joli thème ce mois-ci pour les Vendredis du Vin : celui du vin et des voyages. Celui qu’on a peut-être découvert au détour d’un de nos séjours, l’élixir local qu’on s’est aventuré à découvrir, celui qui n’a jamais été aussi bon que là-bas.

Aga Red, Hatten Wines

J’ai tout de suite repensé à mon voyage à Bali l’année dernière. Autant le dire tout de suite : avec ce climat tropical, j’étais bien loin de soupçonner l’existence d’un tel vin. Et au détour d’une visite, je l’ai croisé, entre deux étagères, cet Aga Red. Rendez-vous compte : l’émotion était telle de me retrouver devant une étrangeté pareille que les photos que j’en ai faites restent un peu floues. Les jours suivants, en y prêtant un peu plus attention, je les ai pourtant vues, ces vignes étranges, ficelées à la façon d’une pergola. En m’intéressant de plus près au site des Hatten Wines, j’y ai appris que les vignes de cette façon protégeaient le raisin de la morsure du soleil et permettaient aux gens qui travaillaient dans la vigne de s’abriter également. Le cépage ? Du Alphonse-Lavallée. Assez inconnu à mes oreilles pour me réjouir encore plus de la découverte de ce vin. Et – le saviez-vous ? – les températures et le climat de l’île font que les vignes produisent continuellement tous les 120 jours, contre notre récolte annuelle en France. Tant de paramètres différents et pourtant un produit final commun, même à des milliers de kilomètres de là. Dans le verre, cela donnait plutôt ça :

Et le goût de ce vin ? Rien qui n’ait marqué mes papilles, mais le goût inimitable de ces souvenirs de vacances, de cet exotisme qu’on ne peut reproduire en ramenant la bouteille chez soi. Toute excitée par ma découverte, j’ai voulu tester toute la gamme des Hatten Wines. Quelques jours plus tard au restaurant, ce vin pétillant rosé, le Jepun, m’a lui aussi laissé un souvenir impérissable car dégusté devant un magnifique tableau vivant de fleurs de lotus s’épanouissant dans les lumières de la nuit.

C’est peut-être cela le vin de voyage : le seul souvenir qu’on n’arrivera pas vraiment à remettre en mot ou en photo, aussi évanescent et fragile que les conditions de dégustation qui nous ont charmés sur le moment, et qui s’évaporent une fois rentrés au bercail. Le vin de Bali restera pour moi un moment serein, empreint de méditation, un instant de flottement loin de tout. Celui qui aura, tout à la fois, le goût des rizières, de l’encens, de toutes ces fleurs plus colorées les unes que les autres, celui du vent dans les parasols et de cette population très fervente ; bref : de toutes ces inspirations nouvelles et riches que j’ai pu engrangées en dix jours.

Difficile, forcément, de rapporter les bouddhas et les temples avec la bouteille en rentrant. Mais un plaisir non dissimulé, par ces quelques lignes, à partager cette émotion avec vous !

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Crêpes aux deux épeautres

La Chandeleur dans quelques jours, déjà ! « Les Français sont très gourmands ! », me lâche dans un grand sourire notre ravissante stagiaire anglaise, à qui j’ai déjà expliqué la tradition des Rois pour janvier. Et, au contraire de la galette, je suis prise d’une folle envie de crêpes cette année, envie qui s’est déclarée bien tôt d’ailleurs, juste au lendemain de Noël…

J’ai donc trouvé mon bonheur dans le livre d’Esterelle sur le petit épeautre. Pour celui qui aime cet ingrédient, c’est un livre à s’offrir d’urgence.

Le petit épeautre - Esterelle Payany

Sa recette de crêpes aux deux épeautres tombe donc à point nommé pour cette nouvelle année : une recette qui change et qui introduit une variante à côté de l’indétrônable recette des crêpes de ma grand-mère. De temps en temps, il faut savoir aussi bousculer les traditions !

Ces crêpes ont d’ailleurs été réalisées en sa compagnie, l’occasion pour moi de m’initier à la cuisson des crêpes (on ne rigole pas, s’il-vous-plaît… Oui, bon ça y est, à 30 ans, je sais faire cuire des crêpes maintenant !) : je passerai sous silence la crise de fou rire de ma grand-mère à me voir m’énerver contre le « retournement de crêpe » (ou comment, au final, j’ai presque culotté mes doigts comme on le ferait de moules à cannelés…). Les efforts furent néanmoins payants, puisque à la dernière louche de pâte, je commençais quand même à maîtriser l’art de la crêpe fine et dorée comme je l’aime. Il faut dire que j’avais le meilleur professeur qui soit à mes côtés !

Dans l’assiette, ce fut parfait : moelleuses et peu sucrées, ces crêpes permettent les créations les plus originales dans la garniture. Je les ai souhaitées classiques cet après-midi-là mais avec une confiture de marrons ou de géranium d’ici, elles auraient tôt fait d’affoler un peu plus mes papilles.

Bravo Esterelle pour ce livre très gourmand !

Crêpes aux deux épeautres

Pour une vingtaine de crêpes

250g de farine de petit épeautre T70

2 CS de sucre de canne blond

1 pincée de sel

2 oeufs bio

280 ml de lait d’épeautre

250 ml de bière d’épeautre (pas trouvée et remplacée par de la bière classique)

1 CS d’huile (colza, noisette…)

1 CS d’eau de fleur d’oranger

1. Mélanger dans un saladier la farine, le sucre et le sel. Creuser un puits et y casser les oeufs. Verser le lait et mélanger d’un mouvement concentrique à l’aide d’une fourchette. Ajouter progressivement la bière sans cesser de tourner pour éviter les grumeaux.

2. Couvrir et laisser reposer une heure. Ajouter l’huile et l’eau de fleur d’oranger, mélanger la pâte et ajouter un peu de lait d’épeautre si elle semble trop épaisse.

3. Faire chauffer une poêle à crêpes légèrement huilée et y faire cuire les crêpes. Garnir selon votre goût !

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Flower Power au Plaza

Pour clôturer cette première année de goûters chics en beauté, c’est donc accompagnées de Camille, Ariane, Eva et de Rose & Cook que Pascale et moi avons été prendre notre douzième tea time au Plaza Athénée.

Il y a quelques mois de cela, j’avais eu l’opportunité d’y emmener ma belle-soeur suite à un essayage pour trouver sa robe de mariée et j’avais déjà été séduite par ce moment d’exception. Cette fois-ci, la gourmandise et la magie du lieu ont encore opéré : je crois que nos invitées ont également apprécié, et je vous recommande leurs billets à ce sujet.

Pendant que je me laisse absorber par la contemplation de la patinoire que je devine à travers les épais rideaux de la Galerie des Gobelins, la discussion est animée. Un goûter de filles à six, c’est de l’animation garantie ! Et alors que le silence nous gagne momentanément tandis que nous prenons de graves décisions devant le chariot des pâtisseries (une différente pour chacune, et les desserts tourneront de place en place), les conversations reprennent de plus belle à l’arrivée des assiettes et des théières brûlantes. Parmi les invités donc : une part de galette, une religieuse au caramel au beurre salé, un mille-feuille… De quoi parlent six filles – blogueuses – réunies à la pause goûter dans un endroit féerique ? Ca discute régime (un tout petit peu, quand même, juste de quoi se donner bonne conscience), réseaux sociaux, pâtisseries bien sûr, mais ça fait aussi des trafics de levain en plein milieu de la Galerie des Gobelins (Plaza est né ce jour-là, il se pourrait que je vous en reparle bientôt…).

Ce que je retiendrai surtout de l’endroit, c’est l’époustouflante technicité qui caractérise les pâtisseries de Christophe Michalak. Et quel plus bel exemple que son emblématique Flower Power ? Elles m’avaient déjà subjuguée sur le salon Haute Cuisine cet été : impossible de rester indifférent, on ne voyait qu’elles.

Création de Christophe Michalak pour Haute Cuisine

En octobre dernier, c’est donc tout naturellement que mon choix s’était porté vers elle sur la carte des pâtisseries, la version proposée se déclinant à la framboise et au litchi, une merveille de fraîcheur dans son habit poudré du plus bel effet.

Flower Power litchi-framboise

L’hiver arrivant, c’est donc une déclinaison au cassis, glossy, qui s’est retrouvée à ma table de janvier. Confondante de beauté (et réfractaire à la photo, la garce !), appelant à la tentation, cette fleur au goût de bonbon acidulé a fait parler nos convives.

Comment réussit-il à laquer ou poudrer sa fleur, à faire tenir ses pétales, je n’en ai pas la plus petite idée, mais c’est pour cela que la haute pâtisserie est là je pense : nous apporter cette part de féerie dans l’assiette, et nous laisser béats d’admiration.

La recette du bonheur est ensuite très simple : il suffit juste de s’enfoncer un peu plus dans le moelleux des fauteuils, profiter de la mélodie de la harpe qui se répand dans toute la galerie, et plisser les yeux de contentement. Après, le reste importe peu…

Comptez 25 € environ pour la pause goûter chic avenue Montaigne.

Les impressions de Pascale sont ici !

Plaza Athénée
25, avenue Montaigne
75008 Paris
NB : ne prennent pas de réservations pour les goûters.

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