Cannelés pour jeunes ingénieurs pressés

Petite, je n’aimais pas les cannelés. Ou plutôt je n’arrivais pas à me prononcer si j’aimais ou pas. Tout dans ce petit gâteau bordelais me déroutait : l’apparence d’un petit flan, au toucher très solide (il fallait un bon coup de dent pour attaquer cette petite croûte caramélisée qui semblait si fragile au demeurant), l’intérieur dont le goût ressemblait à une pâte à crêpe, version très alvéolée, et ce rhum qui surprenait mes papilles. Je mordais toujours une fois dedans, par curiosité, et puis je laissais mon grand-père finir le cannelé, parce que je ne trouvais pas en bouche, je pense, ce que ce gâteau me promettait à l’oeil. Non, ce n’était pas la grande histoire d’amour. Il a fallu laisser passer de nombreuses années avant que je ne devienne fan et que je me réconcilie avec cette croûte caramélisée et le reste et que je l’adopte définitivement dans mes recettes fétiches.

Dans ma séance de jeux de ce week-end, il y avait donc aussi une session cannelés en préparation puisque le collègue du chéri le tannait depuis quelques semaines depuis qu’il avait goûté à un de mes cannelés : « Quand est-ce qu’elle refait des cannelés, ta chérie?« . D’humeur magnanime, j’ai ressorti mon moule à cannelés de mes tiroirs (d’ailleurs j’ai signé officiellement son acte de décès dans le même temps – ce n’est apparemment pas la meilleure qualité de moule en silicone dans laquelle j’avais investi cette fois-là…). Je suis très fière de dire que j’arrive à les réussir, même si leur réussite tient plus au suivi scrupuleux de la recette de Gloria sur Marmiton qu’à mes origines bordelaises. Ceci dit, je triche quand même avec des moules en silicone, car les moules à cannelés individuels me résistent encore, même après plusieurs tentatives infructueuses (j’ai essayé toutes les façons de tapisser le moule pour les démouler sans problème mais le résultat n’est jamais là…). Après plusieurs fournées – enfin! – réussies, je pense que tout tient dans la cuisson. Ca apprend d’ailleurs pas mal l’humilité, parce que je dois avouer que ma première fournée de dimanche a été catastrophique, n’ayant pas encore apprivoisé le four du chéri. Et le contrôle qualité se fait comme d’habitude : je découpe mon cannelé, et je vérifie que je retrouve bien cette texture de crêpe alvéolée à l’intérieur.

J’ai donc démarré mes diverses fournées dimanche soir… autant dire que ce matin il n’y en avait déjà plus… (Les photos ne sont pas celles de cette fournée mais d’une précédente. Je crois que le chéri les aime vraiment à la limite du brûlé sur la croûte, donc plus bruns qu’ici, mais il avait déjà tout mangé avant que je ne réussisse à les photographier!)

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3 réflexions sur “Cannelés pour jeunes ingénieurs pressés

  1. Hummm !

    Moi j’adore les cannelés aussi…. !!
    Du coup, je crois que je vais tenter à mon tour cette recette… Je t’en dirais de mes nouvelles !
    Heu, du coup, comme échange de bon procédés, je te dois une recette ; je te promets de te donner celle de « ma tarte à la rhubarbe » dès que possible…
    Bye bye…

  2. Pingback: Les goûters chics parisiens #4 : le Dalí (Meurice) ·

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