Deux petits pingouins s’aimaient d’amour tendre…

Cela faisait longtemps que je voulais vous parler de ce drôle de petit pingouin qui fait partie de mon univers depuis des années. Chronique un peu personnelle, mais qui a marqué mes papilles de façon irrémédiable et que j’avais envie de partager avec vous.  En créant ce blog déjà, je pensais écrire un billet dessus un jour, tant cette pâtisserie m’émeut.

Je suis sûre que cela vous est arrivé à vous aussi : souvent et sans que l’on s’y attende, l’occasion vous est donnée autour d’un plat, d’un dessert, de vous replonger tout droit dix, voire vingt ans en arrière. Et certains souvenirs qui remontent alors de votre plus tendre enfance sont comme de vraies petites madeleines de Proust et ont l’art de vous remettre illico dans un contexte bien défini, une époque bien marquée, une atmosphère bien douce et paisible.

Ce fut le cas lorsque j’ai retrouvé récemment sur la table de ma grand-mère ce petit gâteau qui résume toute mon enfance et tous les souvenirs sont remontés pêle-mêle, précis et savoureux, si présents et si lointains à la fois.

A cette époque-là, le « jour du pingouin », c’était le vendredi, car les propriétaires de cette boulangerie-pâtisserie ne le faisaient que ce jour-là. Depuis, plusieurs propriétaires se sont succédés, et la recette a été transmise d’acquéreur en acquéreur, ce qui fait que j’ai toujours la joie de pouvoir redéguster ce petit pingouin même vingt ans après.

Oh certes, il n’est pas parfait, lisse et sophistiqué : ces petits yeux faits de crème sont vite abîmés dans le transport tellement ils sont délicats, et depuis j’ai eu l’occasion de découvrir mille et une autres pâtisseries aux saveurs toutes plus étonnantes et structurées les unes que les autres, mais aucun n’a ce charme de mon enfance. La boulangère a confié à ma grand-mère la semaine dernière qu’aujourd’hui, ils sont obligés d’en faire tous les jours de la semaine, tant ce petit pingouin a du succès!

J’aime son petit côté rigolo, original, et ce qui est bien entendu le plus rigolo à voir dans la boulangerie, ce sont tous les petits pingouins alignés en rang d’oignon, un peu façon « La marche de l’empereur ». Le passeport instantané pour la bonne humeur. A l’intérieur de son corps de pâte d’amande se trouvent subtilement mêlées une génoise mousseuse à souhait au chocolat et une crème au beurre fondante également parfumée au chocolat. J’aime le déguster de la manière suivante : d’abord je croque toujours le petit bec, sans état d’âme, puis ses petites pattes formées par le socle en chocolat, et ensuite je dévore bouchée par bouchée tout le petit corps, de la tête aux pieds. 110% anti-régime donc, mais qu’est-ce que cela fait du bien, l’espace d’un instant, de redevenir la petite fille qui sortait de l’école et dégustait chez ses grands-parents son goûter favori!

Et vous, avez-vous un petit gâteau de votre enfance gravé dans votre mémoire?

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6 réflexions au sujet de « Deux petits pingouins s’aimaient d’amour tendre… »

  1. Hihi, moi c’étaient les petites grenouilles roses et vertes à la pâte d’amandes et crème au beurre au grand marnier , que du plaisir ! je suis tombée tout à fait par hasard l’autre après midi en faisant des macarons avec la télé dans ma cuisine sur ton émission, un peu intimidée mais très bien ..Belle leçon d’éclairs !

  2. Coucou 🙂 comme j’ai aimé lire ton billet:) tu ne peux pas savoir 🙂
    Ils sont craquants ces jolis pingouins:) mais quand un dessert est aussi mimi, j’ai du mal à le croquer…c’est bêta !
    Pour moi, c’était et c’est toujours, les cygnes : pâte à chou et chantilly aérienne 🙂
    Mais il faut que je fasse 450 kilomêtres pour pouvoir y goûter (ceux-là sont divins)
    Voilà, tu sais tout:)
    Bisous:)

  3. Moi je ne connaissais pas ce pingouin en pâtisserie…
    Il n’y en avait pas près de chez moi.. et ils ont l’air bien sympathiques en effet…
    En ce qui me concerne, à la boulangerie, c’était le gland… Un nom certes peu charmeur pour certains… mais un goût si « parisien »… Humm ! Quand la crème patissière est bonne, quel délice ! et ce petit glacage vert au dessus… hummmmmm…. et les petites paillettes de chocolat sur l’autre côté….. !!!
    Alors sur ces BONS souvenirs, bonne journée !!

  4. Si je comprends bien, tu es passée sur Cuisne TV et je t’ai ratée, zut !
    Pour moi c’est la brioche à la noisette que je mangeais chez ma tante en Lorraine. J’ai fini par retrouver son goût 25 ans après et la recette est dans mon liver Slunch.
    Ah les souvenirs d’enfance. Il y a aussi la tarte au fromage blanc alsacienne mais que je n’arrive pas à refaire.
    Bonne soirée.

  5. Roooh, j’adore quand vous venez me laisser des petits commentaires! Et vos retours sur vos souvenirs d’enfance sont émouvants aussi!
    Mercotte > Je crois que j’étais plus qu’intimidée (tu es gentille là), je devais être raide comme un balai mais je n’ai pas eu le loisir de voir l’émission!
    Cenwen > J’ai le souvenir de cygnes à la chantilly aussi sur le Bassin d’Arcachon, mais c’est mon frère qui les adorait!
    Pauline > Tu m’as fait bien rire avec ton souvenir, curieusement je n’en étais pas super fan mais c’est vrai qu’avec leur belle couleur verte, ils font toujours de l’effet dans les vitrines des pâtisseries.
    Pascale > Hem hem… faut pas le dire mais je crois qu’il y a des rediffusions… enfin je n’ai pas ton naturel mais j’ai adoré découvrir le côté tournage. Ton livre Slunch est le dernier qui manque à ma collection, et une brioche noisette ne peut que me tenter!!! Je relève le défi, tiens!

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