Comme un parfum de là-bas : les navettes

A votre avis, quelle gourmandise peut se targuer d’avoir obtenu tant de prix ?

Ce n’est qu’il y a un an que j’ai découvert les navettes de Marseille. Et sans y aller en plus ! Je peux même vous dire quelles sont les meilleures, après avoir fait un test comparatif entre les deux grandes institutions (il paraît que c’est une vraie guerre là-bas, chacun a forcément choisi un camp) : celles du Four des Navettes, et celles de chez Dromel. En fait, elles sont tellement différentes que chacun trouvera son bonheur dans l’une ou l’autre.

Moi ce fut un vrai coup de foudre pour celles du Four des Navettes : lorsqu’il y a un an, le chéri m’a ramené un sac qui embaumait la fleur d’oranger, alors qu’il n’était même pas ouvert, j’ai tout de suite craqué sur le biscuit avant même d’avoir croqué dedans.

Navette du Four des Navettes, de Marseille

Ensuite, ce qui surprend, c’est l’austérité, la rusticité du biscuit. Tellement dépouillé, presque zen, mais ce parfum qui attire comme un aimant… Mais où diable sont-ils allés chercher cette forme si étrange ? La réponse se trouve sur le site, et j’aime les jolies légendes de ce genre. Un petit côté biblique donc… mais surtout très gourmand !

Alors oui je vous l’accorde, il faut avoir les dents solides. Ma façon préférée de les déguster : tremper la navette dans un thé, ou un bon lait chaud parfumé à la fleur d’oranger, juste assez pour la ramollir un peu, et la déguster, petite bouchée par petite bouchée. C’est aussi ce qui est magique, avec ce biscuit qui ne se laisse pas apprivoiser d’un coup : tellement dur et sec au premier abord, que cela force presque à le respecter, à ne pas l’engloutir, à prendre le temps de sentir sous la langue ce merveilleux parfum si puissant qui enivre. Sentir la navette fondre et capituler définitivement sous le palais, en une petite masse suave et généreuse. Un vrai coup de foudre, je vous dis. Bon, je pourrais aussi vous écrire que chaque bouchée évoque Marseille, sauf que je ne connais pas cette ville. Il paraît que la rue où se situe la boutique embaume le parfum des navettes fraîchement sorties du four. Disons que pour parler de ce que je connais, en tout cas chaque morceau évoque la Provence, un je-ne-sais-quoi de soleil et de douceur de vivre… Pour ne rien gâcher, ce biscuit peut se conserver un an environ, dans une boîte hermétique, mais vous n’aurez même pas besoin d’attendre aussi longtemps avant de finir tout le sachet ! Merveilleux démarrage au petit-déjeuner, exquise bouchée du goûter, parfait en attendant Noël par exemple… : toutes les occasions sont bonnes pour se jeter dessus.

Alors quand j’ai vu que le Four des Navettes avait son site de vente en ligne, ni une ni deux : j’ai sauté dessus et 72 heures après, les navettes m’attendaient sagement à la Poste. Je plains les postiers, d’avoir eu cette odeur sous le nez sans pouvoir en profiter !

PS : j’ai essayé d’en faire moi-même, et une excellente recette très approchante a été celle découverte ici, mais le parfum… impossible à imiter !

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3 réflexions au sujet de « Comme un parfum de là-bas : les navettes »

  1. J’adore !!!

    Et oui ! Chaque dégustation d’une de ces navettes est un véritable petit instant de bonheur. Et elles sont encore meilleures lorsqu’elles sortent du four !

    Mais quelle prose merveilleuse autour de la navette !! Ca donne envie de s’en enfiler un paquet par gourmandise ! ;o)

  2. Je ne devrai pas te le dire, mais pendant des années nous avons croqué avec bonheur les navettes de Saint Victor (sans attendre la Chandeleur où la queue atteint des records dès 7h du matin). Hélas, le propriétaire a changé, et suite à plusieurs mésaventures (genre grumeaux et navettes à se casser les dents) nous avons changé de camp et sommes passés à celles de chez Dromel. La prochaine fois que je passe à Marseille (et ça risque d’être en février) je vais retenter le four des navettes car ils ont l’air d’avoir fait de grands progrès !

  3. Ping : Les étonnantes navettes salées de Georgiana ·

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