Réflexions non-académiques d’une jeune oenophile – épisode 1 : à la découverte des Montagne Saint-Emilion

Je risque de plus en plus de parler vins sur ce blog et pour l’occasion, je leur crée une petite catégorie rien que pour eux, tiens. Ma relation au vin est loin d’être évidente, c’est comme une relation amoureuse qui s’étoffe avec le temps.

Avant de découvrir les petites merveilles que je pouvais voir passer dans les repas familiaux, j’ai pendant longtemps affiché un petit air renfrogné devant les bouteilles de Bordeaux à la maison. « Je n’aime pas le vin rouge : trop amer », a longtemps été ma phrase échappatoire. Je ne refusais pas un verre de vin blanc, mais la démarche était plutôt dénuée d’intérêt.

Hiver 2003-2004/Montréal. « Allez viens, ce sera sympa, la tournée des vignerons québécois! » Mouais… Sortir par ce froid polaire, il faut le vouloir, et pourtant, les vins de glace pour se réchauffer par -30° dehors, je n’ai jamais trouvé mieux depuis! Une magnifique journée synonyme de convivialité, de rires, et de surprises : il me semble que j’ai gardé un petit verre de dégustation siglé l’Orpailleur, en souvenir.

Eté 2004/Bruxelles. Une initiation aux Bordeaux par… des Belges! « Je sais que tu n’aimes pas les vins rouges parce que tu les trouves amers, mais goûte celui-là, s’il-te-plaît » a été la petite phrase déclic : y a-t-il plus belle invitation à tenter de redécouvrir ce qu’on avait longtemps esquivé? J’ai tellement aimé ce que je découvrais, à l’époque, que j’ai eu le réflexe de tourner la bouteille pour voir qu’il s’agissait d’un Saint-Julien. Je ne me rappelle ni du nom de la propriété ni du millésime malheureusement, mais l’émotion est encore là, six ans après. Pourquoi là et à ce moment précis, je ne sais pas, toujours est-il que ce jour a scellé entre les vins et moi le début d’une vraie histoire.

Un soir de novembre dernier. J’ai rejoint le groupe Jeudivin grâce à Pascale, car j’ai très envie d’apprendre à parler du vin. Problème : c’est moi qui vais devoir présenter la prochaine séance et j’ai envie de disparaître sous la table. Faire honneur à mes racines bordelaises, ok, mais ce sont des vins si prestigieux! Pierre à ma gauche me glisse : parle des Montagne… Des quoi? Mon exposé commençait bien! Et tu glisses un Saint Emilion dans la dégustation, en guise de « piège ». Gloups, sacré challenge…

Janvier 2010. J’ai commencé ma quête dans un froid parisien à vous geler sur place. Première déconvenue chez les cavistes : les Montagne Saint-Emilion se font rares! Un oiseau rare, qui se cache, qui ne rentre pas dans le « standard de la demande », c’est que ça doit se mériter finalement, non?

Ce qui est bien dans une recherche sur les vins, c’est la pelote de laine que l’on déroule et qui nous ouvre toujours d’autres champs à explorer : en glanant des informations auprès des cavistes par exemples, jamais avares de bons conseils mais surtout de noms de châteaux à recommander. C’est un peu un jeu de pistes, la chasse au trésor et j’adore ça! Quelques errances dans Paris plus tard (avec notamment une petite session « perdition » du côté de la rue… Beaujolais, ça ne s’invente pas!), je les ai réunies, les fameuses bouteilles.

Jeudi 28 janvier. Je songe à mon grand-père bien sûr, à Loïc, si patient et si pédagogue dans mon apprentissage de la culture du vin, et à Georges, Hervé et Gérald qui m’ont fait aimer les vins rouges et tout ça me fait sourire. Je pense à ce grand monsieur avec qui j’ai eu le privilège de m’entretenir au téléphone concernant son vin… Et je me dis que quand même, c’est une sacrée histoire que j’ai à raconter là ce soir et j’espère de tout coeur que ces vins séduiront l’assemblée comme ils m’ont déjà séduite.

Commentaires de la dégustation à venir…

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5 réflexions au sujet de « Réflexions non-académiques d’une jeune oenophile – épisode 1 : à la découverte des Montagne Saint-Emilion »

  1. scoop du jour

    Je suis ravie de découvrir ton blog au titre extra, merci pour ton lien… je te lis et relie.
    amicalement.

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