Mardi-Gras et crêpes toutes douces de ma grand-mère

Rares sont aujourd’hui les mets fédérateurs capables de réunir la famille en un temps record. Les crêpes telles que les réalise ma grand-mère sont de ceux-là, au même titre que son fameux taboulé ou les tricandilles, que j’espère avoir l’occasion d’évoquer plus tard sur ce blog. Alors quand a été suggérée la possibilité d’en déguster pour la Chandeleur, nous avons tous accouru au point de rendez-vous.

J’ai eu l’occasion de déguster pas mal de crêpes depuis toute petite, mais je n’en ai jamais trouvé une seule qui soit digne de ravir la couronne de celles de mon enfance. Jamais aussi fines, aussi soyeuses, aussi parfumées que dans mes souvenirs.

De façon irrésistible, les crêpes de ma grand-mère évoquent d’abord le grand saladier en grès, toujours le même, dans lequel elle mélangeait soigneusement les ingrédients. Je me rappelle monter à genoux sur la chaise de la cuisine, et regarder avec attention la préparation de ces délices. Le saladier me semblait gigantesque à l’époque, mais je suis sûre qu’il me paraîtrait bien plus petit aujourd’hui.Ces fameuses crêpes sont aussi associées à la petite casserole en inox dans laquelle l’eau parfumée était portée à ébullition tranquillement, lentement…

Ces crêpes ont la saveur douce et moelleuse des mercredis après-midis, des goûters chauds et tendres de l’enfance. Elles ont aussi le son de la pâte qui grésille dans la poêle, et bien avant cela, de la pâte qui se déverse de la louche… Ma grand-mère avait en effet l’habitude de vérifier si la pâte avait bien reposé en prenant quelques louches de pâte, qu’elle faisait retomber dans le saladier. Le geste était d’une telle dextérité, et la pâte qui coulait de la louche si fluide, que l’on pouvait presque « toucher » la souplesse de la pâte, rien qu’au bruit sourd et mou que faisait le liquide en retombant.

Je pourrais presque aujourd’hui déguster ces crêpes nature, tant elles sont parfumées. Mais pour la Chandeleur forcément, la gourmandise a repris le dessus (Vous avez vu de la crème de marrons vous ? Pas possible!).

Mardi-Gras s’achevant, vous pourrez toujours refaire cette recette de crêpes pour le plaisir ou pour célébrer de beaux événements dans l’année. Peut-être qu’un jour, vous aurez vous aussi l’occasion de lier cette recette à des souvenirs intimes et chaleureux, et c’est bien là tout ce que je vous souhaite en la partageant avec vous !

Crêpes toutes douces de ma grand-mère

(Pour un grand saladier en grès !)

500g de farine

1 zeste de citron (bio) + 1 zeste d’orange (bio)

6 oeufs

50g de sucre

125g de beurre fondu

1/2L de lait + 1 gousse de vanille

1/2L d’eau

QS de rhum et d’eau de fleur d’oranger

1. Faire bouillir le lait et la gousse de vanille coupée en deux et dont on aura gratté les graines. Une fois à ébullition, éteindre le feu, couvrir et laisser infuser.

2. Dans une petite casserole, faire bouillir l’eau et les zestes.

3. Dans un saladier, mélanger la farine, les oeufs, le sucre et le beurre fondu. Une fois que les liquides sont refroidis (eau + lait), les mélanger à la pâte. Rajouter la fleur d’oranger et le rhum.

4. Laisser reposer la pâte, couverte d’un torchon propre, au minimum deux heures (mais une nuit est préférable).

5. Le lendemain, faire les crêpes!

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4 réflexions sur “Mardi-Gras et crêpes toutes douces de ma grand-mère

  1. Un crêpe du souvenir, de l’émotion qui m’intrigue par sa particularité. Merci, tu me donnes vraiment envie d’essayer 🙂

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