A l’automne dernier, en rentrant sur le terrain, je n’ai vu que lui. Saisie par cette odeur de coings pourris et de poires blettes qui remontait de la terre, j’ai regretté d’avoir loupé le rendez-vous, et je lui ai dit à l’année prochaine…
L’hiver aidant, il a été bichonné, ce cognassier : élagage et brossage de toutes ses petites peaux mortes. J’ai passé du temps à le contempler par la fenêtre, cet hiver. Même avec ses branches nues, il avait une majesté rare dans son port, une aura assez magnétique parmi la végétation endormie.
En avril, j’ai été subjuguée par sa beauté florissante, et toutes ces fleurs qui avaient senti le retour du printemps. Autant de futures promesses de coings, c’était de bon augure.
Et en octobre, la récompense : le jardin d’Eden.
Des branches devenues plus lourdes sous le poids des fruits, et ce léger duvet sur ces ventres dodus qui invite à la caresse.
Tout ce petit monde a ensuite débarqué en nombre dans la cuisine, sonnant le signal de départ de plusieurs ateliers de fabrication à la chaîne…
Atelier confiture d’abord, et nous n’étions pas trop de deux pour sortir 16 pots d’une confiture à la couleur orange rosé délicieuse (pour 3,6 kg de fruits pelés).
J’ai retrouvé le plaisir de mon enfance à tourner sans relâche la cuillère dans la marmite en cuivre fumante, mais autant vous dire que c’est un plaisir sportif : il vous faudra venir à bout des pelures de coings (pas commodes !), lutter contre le moulin à légumes et enfin, remuer avec vigueur la masse quand même compacte qui rosira dans la marmite. De recette ici pour l’instant, point : d’abord parce que j’ai vu sur Internet qu’il existait plein de variantes de cette confiture. En morceaux avec le jus, ou bien moulinée, comme dans l’option que nous avons retenue. Je me suis ensuite laissée guider par la recette de Cléa que j’ai oublié de bien suivre à la lettre, ce qui fait que j’ai dû rattraper mes erreurs en cours de route, et ce n’est pas reproduisible ici. Mais si vous êtes plus disciplinés que moi, sachez que le bonheur est au bout de la marmite, et que vos efforts devraient être largement récompensés. Pour la saison 2 l’année prochaine, qui sait, j’y rajouterai peut-être du safran ?
La pâte de coings pour le deuxième atelier !
Première expérience de pâte de fruits pour moi, et plaisir sucré pour les papilles à l’arrivée. Cléa a été mon inspiratrice une fois encore. Une bonne idée pour des petits cadeaux gourmands d’ailleurs, à refaire à chaque saison en guise de prescription de bonheur.
A l’année prochaine pour la saison 2 des coings !
Pâte de coings
1 kg de coings pelés (garder les épluchures et les trognons de côté)
500g de sucre
QS d’eau
1. Peler les coings : frotter les coings avec un torchon pour enlever leur duvet. Peler les coings grossièrement, réserver les pelures et les trognons coupés en deux dans une grande casserole. Couvrir d’eau à hauteur, et porter à ébullition 20 minutes. Au bout de ce temps, réserver l’eau infusée et jeter les épluchures.
2. Mettre les morceaux de coings à cuire avec l’eau infusée, porter à ébullition jusqu’à ce que les coings soient cuits (vous devez enfoncer un couteau dedans sans effort). Passer le tout au moulin à légumes afin de rendre la texture fine (très important, sans moulin à légumes le résultat n’est pas optimal et il reste des morceaux, ce qui serait dommage dans une pâte de fruits).
3. Mettre la purée obtenue dans une casserole avec 500g de sucre, bien mélanger puis faire dessécher la masse à feu moyen (attention, bien remuer tout le temps car cela attache très vite!). La masse va progressivement réduire en volume et se solidifier en prenant une couleur soutenue. Etaler ensuite le tout sur une plaque couverte de papier sulfurisé et laisser sécher 48 heures avant de découper en petits carrés.







j’ai déjà essayé la compote de coings au safran et cela donne un petit coté précieux très agréable.
http://myfoodbox.blogspot.com/2009/11/coings-safran-en-douce.html
Ce cognassier est superbe et majestueux. Une vraie beauté végétale !
Ton billet est tout en délicatesse, un plaisir à lire. Confiture et pâte ici aussi, et oui, c’est sportif. La cannelle se marie bien avec le coing, entre autres.
Un billet magnifique qui rend justice à cet arbre majestueux, j’adore l’harmonie du branchage, je comprends que tu sois sous le charme… Et l’idée des clichés saison après saison : j’adore !!! Bon ben maintenant, il ne te reste plus qu’à te régaler ! Bonne journée
Les pâtes de coing sont excellentes, surtout quand on a besoin de peps pour ne pas s’endormir sur son clavier…
Je n’ai pas encore goûté la confiture. Je te dirai.
Sortant tout juste de mon cours de yoga, je me dis que cet arbre serait un lieu idéal pour faire une séance yoga/méditation.
Prendre soin de son corps (en mangeant bien et bon, et en faisant du sport) et de sa tête (en chassant tout ce qui nous encombre, et en méditant).
L’éloge du bien-être. Je suis adepte.
Bises,
Carine
Je ne connaissais pas les fleurs de congnassier, elles sont aussi belles que leur promesse frcutueuse. Merci pour ce si joli billet.
Les pates de coing ont l’air délicieuses. Et le cognassier est superbe, il faut que j’aille en voir un en vrai.
bravo pour tes photos, tu donnes envie de se rouler dans la pâte de coing, hummm ! Marise
ah un recette de pate de coing sans four, je vais tester ça au plus vite..mon four est cassé!:-(
j’adore la pate de coing sur un peu de brebis! un delice!
Pingback: Gâteaux aux coings à l’huile d’olive ·
Tu m’épates! A mon tour de te dire que je veux bien y goûter aussi s’il t’en reste quelques morceaux!