Souvenir de la cuisine Peranakan – Kueh Ee

Bon, j’ai bien conscience que ce blog a été un peu laissé à l’abandon ces temps-ci, il était temps de se rattraper. Surtout qu’avec les quelques jours de repos contraint et forcé chez moi, j’ai eu tout le loisir de réfléchir à ces recettes que j’ai très envie de partager avec vous et les vins que j’aimerais découvrir encore et toujours.

Il y a quelques mois, vous avez peut-être lu ce billet de Pascale, sur la cuisine Peranakan au musée du quai Branly. J’adore cet endroit, et j’étais aux premières loges pour assister à la démonstration culinaire du chef Benjamin Seck. Peranakan, Peranakan… Il pleuvait des cordes ce jour-là, et blottie sous mon parapluie aux abords du musée, je faisais rouler le mot dans ma tête, et le répétait à voix basse machinalement. Un peu de rudesse et de rigueur dans ce mot, que l’on imagine prononcé d’une voix de stentor, de façon solennelle. Point de rudesse dans la culture peranakan : il est plutôt question d’une cuisine pleine de richesse, fruit d’un métissage de différentes cultures (notamment chinoise).

En bec sucré que je suis, je vous propose la recette des Kueh Ee (boules de riz gluant) qui rejoint ma collection de recettes à texture bizarre (au même titre que les mitarashi-dango par exemple) que j’affectionne particulièrement. L’occasion aussi de jouer pour la première fois avec du colorant alimentaire (rouge cerise trouvé chez G. Detou mais il y a d’autres nuances à ce que j’ai compris!) : non pas que je sois particulièrement adepte des colorants, mais le colorant rouge est utilisé dans la recette en référence à la Chine, justement. La sauce était à base de sucre et de feuilles de pandan dans la recette originale, mais le chef nous a fait une démonstration avec de la crème de coco et du sucre de palme (« Much betteeeerrrrrr! », nous a-t-il lancé de son regard gourmand… on ne va pas le contredire, j’ai gardé sa  recommandation).

Ces petites boules sont ensuite placées en offrandes aux pieds des divinités que les Peranakan honorent. Ils en ont de la chance, ces dieux et ces déesses…

Kueh Ee (boules de riz gluant)

Pour deux personnes

300g de farine de riz gluant (le paquet avec la mention verte, chez Tang Frères)

1 bol d’eau

2 cs de sucre (que l’on peut supprimer selon moi car la sauce est très sucrée)

1 cc de colorant rouge

Sirop :

1 bloc de sucre de palme

1 brique de crème de coco

1. Mélanger le sucre et la farine de riz. Ajouter lentement l’eau jusqu’à l’obtention d’une fine pâte (la texture du lobe de l’oreille comme indicateur, vous vous rappelez?).

2. Séparer la pâte en deux parties. Former des petites boules avec la première partie. Ajouter le colorant rouge pour l’autre partie de la pâte et mélanger pour obtenir une couleur homogène. Former des petites boules un peu plus grosses.

3. Dans une casserole d’eau bouillante, faire cuire les petites billes blanches : elles sont cuites lorsqu’elles remontent à la surface. Les réserver dans un grand saladier d’eau froide. Procéder ensuite de la même façon pour les boules rouges.

4. Préparer le sirop : découper le sucre de palme finement et le faire revenir avec la crème de coco jusqu’à ce que tout le sucre soit fondu.

5. Disposer les petites boules dans des bols, verser le sirop sur les bols de kueh et servir immédiatement.

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7 réflexions au sujet de « Souvenir de la cuisine Peranakan – Kueh Ee »

  1. ça m’impressionne tant de beauté!
    Si tu aimes les petites choses chinoises (et surtout les très bonnes patisseries), je te conseille le salon « Thé de Chine », Boulevard St Germain, à deux pas de Jussieu… et leurs petites brioches chinoises! Je traverse tout Paris pour elles 🙂

    • Et hop! Une petite adresse de plus à aller visiter dans ma to-do list énorme! En parlant de petites brioches chinoises en plus, j’ai encore une recette de ma tante chinoise qu’il faut que je fasse pour ici 🙂

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