Le Cintré, le rosé totalement barré (et qu’on va adorer déguster tout l’été)

Le Cintré, le rosé de Laurent Herlin

Cintré : adj. fam. Vieilli. Fou. (Petit Larousse)

Un rosé cintré ? Quelle drôle d’idée !

Alors quand j’ai débarqué avec mon petit rosé fou, cela a fait sourire la table dimanche dernier. Un rosé ligérien barré, quoi… Barré sur l’étiquette déjà, d’une paire de bretelles à pois et d’une cravate rayée. C’est l’épouse de Laurent Herlin, le vigneron, qui dessine les étiquettes, après avoir suivi une formation de reconversion aux Beaux-Arts. J’aime d’emblée le visuel festif, façon vestiaire en effervescence, mais bretelles et cravates… pourquoi ? J’y arrive.

Un nom d’abord, et qui fait causer, donc. On devine la malice du vigneron derrière l’étiquette. Laurent Herlin – très disponible pour répondre aux emails des petites curieuses comme moi d’ailleurs – explique qu’il a été certainement un peu cintré de quitter son travail d’ingénieur informatique – 12 ans quand même – pour se reconvertir dans la vigne en 2008 ! (remarque, depuis que j’ai dégusté il y a quelques années des vins de Polytechniciens vignerons, plus rien ne m’étonne vraiment en terme de parcours : tous les chemins mènent au vin !) On mesure cependant le tournant opéré dans sa vie, et la dimension de ce virage.

Une couleur ensuite, et quelle couleur ! Un rose dense, profond, trouble aussi. Une vraie dimension appétissante dans ce rose vif et charnu qui attire l’oeil et donne envie d’être goûté dans la seconde. Un rosé fait de cabernet franc qui promet de belles choses…

Au nez, du fruit rouge, beaucoup, avec une pointe de vivacité (on n’est pas du tout dans le fruit-confiture là). J’y ai senti de la grenade, et puis en bouche, une pointe de framboise. Et ce discret perlant aussi, qui apporte la touche de fraîcheur du rosé tant appréciée l’été venu.

Du sucre enfin, oui, il y en a, mais au lieu d’emporter tout le palais avec lui, par je ne sais quelle magie il s’estompe soudain sous la langue, laissant juste une impression de légèreté après son passage. Ce qui en fait donc un excellent compagnon de tout le repas – et « barbecues-d’été-compatible » ! – , qui donnera toute sa pleine mesure sur le dessert bien sûr (et s’il y a des fruits rouges dans le dessert, c’est encore mieux). Avec une tarte aux fraises faite maison ce jour-là, le Cintré avait un furieux goût de revenez-y.

Et le sens du détail qui fait tout : Laurent Herlin travaille dans la Loire en biodynamie, et même lorsque vous aurez fini la bouteille, vous constaterez à quel point ce vigneron pousse le souci de la finition assez loin puisque les bouteilles sont en verre recyclé (et donc plus légères, mais tout aussi solides). Qui vient de dire, là, dans la salle, que c’était une excellente occasion de prendre beaucoup plus de bouteilles à la Contre-Etiquette ?

Je ne suis pas la seule à y avoir succombé, voir l’opinion de Marise sur cette bouteille ici.

Et merci à Eva – qui n’était pas en reste question enthousiasme par rapport au Cintré – de m’avoir ramené ces trois belles bouteilles !

Les sites de Laurent Herlin :
http://www.laurentherlin.com/
http://www.vinotropie.fr/
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3 réflexions au sujet de « Le Cintré, le rosé totalement barré (et qu’on va adorer déguster tout l’été) »

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