Un accord mets-vin magique : L’Antiboul 2007 de Jean-Luc Poinsot et le macaron à la mangue et au poivre sauvage de Mathieu Mandard

Antiboul 2007 et macaron mangue et poivre sauvage

Depuis que je m’intéresse aux vins, je mesure toute la difficulté de tomber sur des accords mets-vins parfaits. Je parle de ceux où chaque bouchée répond de façon harmonieuse et très précise au vin qui l’accompagne, et inversement.

Deux accords me sont restés en tête au cours de l’année qui s’est écoulée : le dessert aux fraises et à la bière de Jean Sulpice et le Rosé d’un Jour d’Angeli vieilli en cave par les soins attentifs de Magali, mais aussi les tomates fumées de Daniel Rose et ce merveilleux Crozes l’Hermitage de Marc Sorrel qui nous avait fait agrandir les yeux de bonheur Pascale et moi l’été dernier.

Goûter chic rosé-macarons !

Quand j’ai eu l’occasion de goûter cet hiver à l’accord entre CE macaron-là et CE rosé-là, j’ai su qu’il faudrait réunir tôt ou tard les pièces du puzzle pour en parler sur ce blog. Rarement l’expression « être fait l’un pour l’autre » n’aura eu autant de sens pour mes papilles. C’est un peu comme si Jean-Luc Poinsot avait créé son rosé pour le macaron de Mathieu Mandard, à moins que le dit macaron ne soit né avant le rosé…?  Ces deux-là se sont trouvés en tout cas, pour notre plus grand plaisir. Et un accord macaron-vin, c’est un peu le snobisme ultime, non ? Banc d’essai (deuxième fois pour moi donc) au cours d’un petit goûter chic et intime chez ma grand-mère (comme quoi, pas besoin de courir tout Paris des fois !) qui n’a pu que constater l’alchimie évidente entre les jeunes mariés.

Examen un peu plus attentif des deux heureux élus :

– D’un côté, un rosé atypique, un peu hors catégorie. A l’origine, Jean-Luc

Antiboul 2007 dans les rayons du soleil de l’après-midi…

Poinsot, « faiseur de vins » selon son site (statut de négociant-vinificateur), Bourguignon qui n’aimait pas le rosé et qui est parti en Provence… faire du rosé ! Son vin porte la marque de ce paradoxe : une couleur à nulle autre pareille pour un rosé, à la robe presque ambrée, un concentré de soleil en bouteille. Un cépage ensuite : le Tibouren, cépage local, qui « possède un équilibre de blanc » (source : labadiane.com) et vinifié comme un vin blanc d’ailleurs, nous  prévient l’étiquette. En effet, amusez-vous à servir ce rosé dans un verre noir, et faites chercher à vos invités le type de vin qu’ils sont en train de boire. Il y a de fortes chances pour que l’on vous soutienne mordicus que ce vin est un vin blanc. Erreur ! Un rosé de « gastronomie » comme le dit l’étiquette, confirmé par les impressions de ma grand-mère à la dégustation (son petit palais fin et exigeant est connaisseur !) : « Ce n’est pas un vin que l’on pourra faire connaître à n’importe qui, il faut des amateurs. » (et dégusté le lendemain par le reste de la famille, ce rosé aura effectivement mis tout le monde en déroute…) A la dégustation en effet, des épices à foison, une tension extraordinaire, et même s’il ne se veut pas vin de soif, moi, je pourrais boire de l’Antiboul tout l’été ! Un vin que je rajoute en tout cas dans ma cave des Dix Vins d’apprentie oenophile, je ne peux pas passer à côté.

Quelques mots enfin sur ce navire qui attire l’oeil sur la bouteille et ce nom, « Antiboul ». Voilà ce que nous en dit Jean-Luc Poinsot : « Le cépage Tibouren trouverait ses origines en Grèce ou en Orient. Il aurait été ramené en Provence par un capitaine de la marine marchande nommé Antiboul à la fin du XIIIème siècle. Par déclinaison antiboul, Antiboulen, Tiboulen serait devenu aujourd’hui le Tibouren. La voile latine représente le vaisseau imaginé du capitaine Antiboul lorsqu’il fit son voyage aventureux. » Un vin auréolé de sa petite légende donc, ça ne vous donne pas envie de prendre le large avec ?

– De l’autre côté, un macaron, dont la belle couleur chaude et orangée

Macaron mangue et poivre sauvage de Mathieu Mandard

appelait déjà une harmonie visuelle pour compagnon. Mathieu Mandard, champion de France des desserts 2004, crée des macarons originaux, à l’image de ce « mangue et poivre sauvage ». Le poivre vient de chez Gerard Vives d’ailleurs… Tiens tiens… Si j’ai pris aussi par curiosité et gourmandise un macaron passion-estragon (au parfum sans égal), hé bien, de l’avis commun de ma grand-mère et moi, « ce n’est pas pareil » avec l’Antiboul. Non, l’accord parfait, quand il arrive, est unique, et ne supporte pas les à-peu-près.

Où trouver ces merveilles ? Alors oui, je le concède, pour l’accord magique, il faut un peu trotter dans Paris, mais ça vaut bien un petit effort, non ? L’Antiboul 2007 pourra être déniché au Garde-Robe (dont Pascale a déjà parlé ici et qui est un peu notre point de ralliement) ou sur le site de Jean-Luc Poinsot. Les macarons de Mathieu Mandard vous attendront chez Art’Macaron au 129 boulevard du Montparnasse. Dites, messieurs et mesdames du Garde-Robe, si vous lisez ces lignes, vous n’auriez pas envie de proposer ces macarons avec le rosé, histoire de tout réunir pour nous dans un même lieu?

Le Garde-Robe
41, rue de l’Arbre Sec
75001 Paris
Tél : 01 49 26 90 60

Art’Macaron (Mathieu Mandard)
129, boulevard Montparnasse
75006 Paris
Tél : 01 43 21 32 49

Jean Luc Poinsot
Par Téléphone: 06 07 87 98 05
Par Courrier: 22 rue Berthier 83100 Toulon
Par mail: contact@labadiane.com

Vous en reprendrez bien un peu ?

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3 réflexions sur “Un accord mets-vin magique : L’Antiboul 2007 de Jean-Luc Poinsot et le macaron à la mangue et au poivre sauvage de Mathieu Mandard

  1. Contente que tu aies enfin pu mettre la main sur ces deux pépites pour nous faire partager ce moment d’émotion mais aussi d’apercevoir ta grand mère au palais subtil et averti 🙂

  2. si le désir de passer à la pratique vous prend (bref nous les faire déguster réellemnt) j’ai une peite salle à votre disposition et j’ai déjà deux inscrits!

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