Les goûters chics parisiens #7 : chez Angelina

Chez Angelina, "l'art de vivre à la française" dès la vitrine

Rappelons un peu le but de ces goûters, idée très excitante et réconfortante ayant germé dans l’hiver glacial parisien. Le but principal de nos escapades mensuelles, avec Pascale, était de se rendre dans ces lieux qu’on a rarement l’occasion de faire dans notre quotidien, alors même que l’on en entend souvent parler. Tel était le cas pour le test d’aujourd’hui pour moi : Angelina, je n’y avais jamais été. Pascale n’en était pas à sa première fois, et ce détail a permis de nous guider dans cette septième dégustation, j’y reviendrai plus loin.

Angelina fait partie de ces maisons très anciennes et mythiques qui ont fait la réputation de « l’art de vivre à la française » dans le monde. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’on y croise autant de touristes, les parisiens s’y font rares d’ailleurs, il me semble. Un peu d’histoire : la maison Angelina a été fondée en 1903 par le confiseur autrichien Antoine Rumpelmayer – Angelina est le prénom de sa petite-fille. S’y sont croisés Coco Chanel et les grands noms de la mode, Proust… Angelina offre aujourd’hui aux visiteurs curieux un cadre façon Belle Epoque témoin d’un passé parisien riche et foisonnant. Avec en prime, des perles pâtissières qui attirent l’oeil des gourmands vers la vitrine.

Je rêvais donc un peu de son Mont-Blanc, de son chocolat chaud, et de son salon de thé historique rue de Rivoli, à deux pas du Dali d’ailleurs. Et je peux vous assurer que même en cette fin août, une pâtisserie pareille, cela passe tout seul… Si, si… Arrive donc cette drôle de boule aux spaghettis à la crème de marrons, tellement bien ordonnés et rangés sur ce dôme qu’on dirait une jolie pelote de laine à tricoter… 600 pièces vendues chaque jour dans le salon, vous y croyez vous ?

Le Mont-Blanc chez Angelina

Du coup, c’est d’abord le toucher qui est sollicité dans nos sens : j’ai une furieuse envie de caresser ce joli Mont-Blanc. A la dégustation, c’est une approbation totale : la crème de marrons, dense, onctueuse, cache une meringue. Entre les deux : une chantilly aérienne, dont la fraîcheur est bienvenue entre le sucré de la meringue et la texture épaisse de la crème de marrons. Moment unique. Adéquation parfaite entre les attentes largement anticipées et le ressenti réel. Expérience jubilatoire.

Après cette belle rencontre, nous optons pour le Saori, un cheesecake japonais.

Le Saori

Nous pensons alors avoir fait le bon choix, et que la fraîcheur annoncée par la présence du citron vert viendra redonner un peu de tonus à nos papilles. Las ! Grosse déception. Si le Saori apporté à notre table s’annonce en tout point ravissant à nos yeux, ce dôme ne tient pourtant pas les promesses d’un cheesecake sous sa coque de chocolat blanc. Trop de sucre, pas assez de citron vert surtout, malgré une base sablée divine qui ne parvient pas à nous faire oublier le manque d’acidité du gâteau. Et ce n’est pas la guimauve à la fraise sur le dessus qui viendra non plus relever le tout. A ce moment-là du goûter, nous sommes un peu perplexes. 50/50, un billet ne peut pas s’achever sur une telle impression…

Mais Pascale et moi sommes tenaces, et nous avons la foi, et très envie d’aimer ce lieu que nous ne pouvions laisser sur une impression aussi divisée. Pascale avait un souvenir gustatif très ému d’une brioche pécan. Bon, ok, tant pis pour les calories, on teste ! Arrive alors cette petite brioche dodue, portant fièrement sa noix de pécan en étendard.

La brioche pécan, objet de réconciliation

Elle me plaît déjà, mais l’intérieur encore plus. Pour l’occasion, nous abandonnons toute bienséance, délaissons les couverts, et décortiquons cette brioche au coeur praliné-pécan avec les doigts et avec délectation… Cette brioche me rappelle furieusement ce pot de gianduja que j’avais pendant un temps dans ma cuisine, liquidé à coups de gourmandise aiguë. Ca y est, je peux dire que je les aime, Angelina et son chef pâtissier Sébastien Bauer. Je suis même conquise.  En boissons nous ont accompagnées un jus de pomme, et un chocolat blanc chaud (oui, je sais, je suis allée vers les bizarreries…) – chocolat qui passe très bien en début de goûter, mais qui fait caler sur la fin, comme je pouvais m’y attendre d’une telle boisson. Ce qui ne m’empêchera pas de goûter au chocolat chaud – le classique de la maison – lors de mon prochain passage. Il faut compter pour une pâtisserie et une boisson une quinzaine d’euros.

Leçon du jour : si Pascale a déjà été dans l’endroit avant moi, toujours suivre ses conseils et ne pas se laisser distraire. Et d’Angelina, je pense surtout qu’il faut absolument miser sur les classiques de la maison. Parce qu’il serait regrettable de passer à côté du Mont-Blanc. A adopter donc sans retenue dès que l’automne commencera à se faire sentir dans les températures, pour s’échapper le temps d’un quatre-heures.

Et pour les impressions de Pascale, c’est par ici !

Le chocolat chaud d'Angelina, à rapporter en format XL chez soi

Angelina, salon de thé – pâtissier – restaurant
226 rue de Rivoli, Paris 1er
01.42.60.82.00
Ouvert en semaine de 7h30 à 19h
Ouvert le week-end et jours fériés de 8h30 à 19h
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9 réflexions sur “Les goûters chics parisiens #7 : chez Angelina

  1. Bonjour
    Chez toi, les gâteaux sont intacts, chez Pascale, ils sont entammés…
    Qui est la plus gourmande des deux ? j’hésite 🙂
    (merci pour ces goûters chics en visite virtuelle : on ne prend pas un gramme et on déguste quand même)

    • Hihi ! Pour tout te dire, j’ai pris aussi les photos des gâteaux entamés, et j’ai franchement hésité à les mettre dans le billet hier soir. Du coup j’aime encore plus nos deux billets avec celui de Pascale, ils sont très complémentaires 😉

  2. ah, quelle gourmandise…moi, qui est très « sucrée », j’aurais bien aimé être de la partie, surtout avec un guide averti comme Pascale:-).

    Par contre, côté boisson,cela pèche un peu…tu ne pense pas, qu’un verre de Maury ou de vieux banyuls aurait fait merveille sur les pâtisseries;-)? en plus de servir comme « digestive », cela aurait bien cadré avec le titre de ton blog (qui montre bien encore dans ce billet, que tu possèdes l’art de déguster, la franchise du jugement et une plume, qui communique tout cela d’une manière excellente:-)!

  3. chez nous on est pas si chic qu’a paris mais on aime aussi le spetits fours et autre gourmandises mon pere est patissier donc je connais bien.
    sinon je suis plus salé que sucré et pour dire vrai j’aime beaucoup la gastronomie et le foie gras en particulier

  4. Tout me plaît dans vos récits avec Pascale ! Ce salon est de loin mon préféré de vos goûters chics 🙂 Le cadre, la brioche pécan, et ce mont blanc ! J’adoooore ! Bises, bonne journée !
    Delphine

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