Les Vendredis du Vin #39 : le Vin qui aimait les femmes et les Filles 2010 de Gilles Berlioz

Les Filles 2010 de Berlioz

Pour ce mois de rentrée, Jacques Berthomeau aux commandes de ce Vendredi du Vin. Un thème ô combien séducteur, surtout quand on retient la musicalité de la voix off du court extrait de L’Homme qui aimait les Femmes mis en exergue dans son billet. Un thème donc qui ne m’a pas fait hésiter longtemps sur la bouteille à présenter. Une belle rencontre en effet, qui s’était produite tout là-haut il y a presque deux mois déjà, le soir de notre arrivée. J’avais été séduite par l’étiquette, j’avais ensuite trouvé le vin sensuel en diable (influencée par l’étiquette ? Pour sûr, elle aura joué un rôle dans ma perception de ce vin…). La moitié de la table n’était d’ailleurs pas d’accord avec cet adjectif : en effet, tout dépend de ce que l’on colle sur « sensualité » en matière de perception. C’est une fois encore Laurianne, notre jeune sommelière ce soir-là à l’Oxalys, qui nous a parlé de Gilles Berlioz et de l’histoire de ce vin. Et j’ai découvert un vin, fait par un homme qui aimait les femmes, et par des femmes, aussi.

Pour ce Vendredi du Vin, grâce à la complicité de Fabrice et Christophe, j’ai de nouveau convoqué les Filles 2010 à ma table. Et j’ai prié ce vin de me raconter son parcours avec ses mots à lui, et voilà ce qu’il m’a conté…

« Je suis né dans cette contrée savoyarde, si pleine de contrastes. J’ai été élevé par des femmes, qui m’ont couvé du regard. Les premières fées à s’être penchées sur mon berceau, c’était en 2007. Cet été-là, deux jolies techniciennes ont suivi ma naissance, mon développement, mes réactions au protocole qu’elles me faisaient suivre patiemment et méticuleusement. Oh, elles me bichonnaient, c’est certain ! D’huiles essentielles, de tisanes et de préparations aux plantes, je n’en ai point manqué. Mais c’était surtout un prétexte pour jouir de leur regard caressant, parfois soucieux, parfois réjoui. Prétexte parfait également pour contempler la naissance de leur décolleté avec une jubilation non dissimulée, et mûrir de plaisir à les observer s’affairer dans la vigne. Ces jolies techniciennes m’ont tellement marqué que mon obsession pour « Les Filles » s’est déclarée cette année-là. Deux techniciennes, mais aussi d’autres femmes qui se sont occupées de moi durant cette année : 22 femmes gravées dans la bouteille, tellement je les avais dans la peau (de raisin).

Les années passent et les filles se succèdent autour de mes ceps. Tellement belles, tellement vivantes… elles me font tourner la tête, je les célèbre à travers les millésimes. Je me fais l’effet de cet Irrésistible Alfie, arpentant les rues de New York : Dieu qu’elles sont jolies, toutes ces femmes, toutes différentes, toutes avec leur charme, unique, et prêtes à vous offrir le meilleur. Impossible de n’en aimer qu’une… Je les aime tellement qu’en 2009, je me fais tatouer par Marc Chatelain leurs jambes sur mon corps, plus précisément les jambes de celles qui m’ont le plus entouré sur ce millésime : Christine, Mireille et Audrey.

Mais voilà que 2010 arrive… Aaah… Il me semble encore sentir leur parfum, et le soleil dardant leurs épaules de ses rayons ardents… Leur souvenir ressemble à ses fleurs miellées qui m’animent aujourd’hui dans le verre. De ces moments intenses et d’intimité partagée dans la vigne, j’ai voulu garder la trace : Claude Burdin a osé célébrer leurs corps nus sur mon dernier tatouage, dont je suis si fier. Christine, Catherine et Christine, à jamais gravées sur cette étiquette. Ne sont-elles pas magnifiques, alanguies, complices, si lointaines et si proches ?

Je reste, envers et contre tout, leur plus fidèle serviteur… »

Un immense merci à Gilles Berlioz pour avoir pris le temps de me parler de l’histoire et de l’origine de ces étiquettes. Et je ne peux que vous encourager à aller à la Contre-Etiquette dénicher ce vin qui célèbre les femmes !

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