Les blogueurs culinaires et le vin #5 : Mercotte

Les billets précédents sont à lire ici.

Mercotte est une des toutes premières blogueuses que j’ai rencontrées à l’ouverture de mon blog. Ses macarons sont devenus célèbres, ses livres tout autant, et ses chroniques sur France Bleu Pays de Savoie ont leur lot de fidèles auditeurs. C’est grâce à Mercotte que j’ai commencé à m’intéresser à la cuisine des chefs. C’est encore grâce à elle que j’ai pu aller à l’Oxalys deux années de suite et partager entre amis ces moments si merveilleux auprès de Jean et Magali Sulpice. Si Mercotte se dit « plus vraiment intéressée par le vin avec l’âge et la vie qu'(elle) mène », j’ai trouvé, à la lecture de ses réponses, qu’elle avait beaucoup plus de choses à dire sur le vin qu’elle ne le pensait, et je suis ravie qu’elle ait accepté de jouer le jeu de ce petit questionnaire. « Si je veux rester en forme, j’en consomme de moins en moins, je me limite généralement à un verre de Ruinart qui me fait apéro et tout le repas quand je vais chez les grands ! », m’écrit-elle. Et on serait bien tenté d’adopter sa petite phrase comme discipline de vie, en fait !

Où il est question de belles bouteilles dans ce billet (même si la plupart me sont inconnues !), d’un frère au rôle déterminant dans son parcours oenophile, mais aussi de ces vignerons savoyards qu’elle défend avec ferveur, et de chefs étoilés, bien sûr !

Mercotte, toujours de bonne humeur, dans la cuisine de l'Oxalys cet été

1/ A partir de quand as-tu commencé à t’intéresser au vin et en quelle occasion ?

Comme nous ne buvions pas de vin en famille, je m’y suis intéressée assez tard, grâce aussi à mon frère qui, tout comme pour cuisiner, m’a ouvert la voie. Au début ce n’était pas évident car je n’avais pas spécialement d’attirance et goûter juste en trempant mes lèvres dans du vin ne m’apportait pas grand-chose. C’est en me forçant à boire un verre de champagne en 1974 que j’ai franchi l’obstacle et le premier verre de rouge bu après m’a tout de suite paru bon. J’ai pu aussi, grâce à un exceptionnel partage avec mon frère qui a investi très tôt dans des vins prestigieux, affiner mes goûts et mes préférences.

2/ Es-tu plutôt blanc, rouge, rosé ou bulles ?

Dans l’ordre et quand je buvais plus régulièrement, rouge, blanc et bulles.

3/ Ta plus belle émotion autour du vin… pourrais-tu nous en parler ?

Il y en a eu plusieurs, toujours chez mon frère sans qui je n’aurais jamais eu accès à toutes ces belles bouteilles : en rouge, un Chambertin Clos-de Bèze du domaine Clair-Daü 1973, toute la caisse de Laffite 1971 et tous les cartons inoubliables de Volnay Clos de la Bousse d’or et de Volnay Caillerets clos des 60 ouvrées du domaine de la Pousse d’or des millésimes 1976 et 1978. En blanc le Chevalier-Montrachet 1982 du domaine Leflaive et en bulles l’extraordinaire champagne Piper-Heidsieck cuvée Florens Louis de 1964.

4/ Quel est l’accord mets-vins le plus réussi que tu as pu réaliser ou tester à ce jour ?

Ris de veau aux girolles avec un Volnay Clos de la Bousse d’or 1978.

5/ Y a-t-il une bouteille que tu recommanderais sans hésitation à tes proches ?

J’ai bien peur que celles qui m’ont marquée ne soient plus disponibles, et je modère ma consommation depuis quelques années.
Je note par contre les progrès remarquables de nos vins de Savoie chez les nouvelles générations qui nous proposent des vins bio ou en culture raisonnée qui en dégustation à l’aveugle n’ont rien à envier aux grands… il faut juste que le grand public oublie cette ancienne image dévalorisante et qu’il ne reste pas sur l’association Apremont acide – fondue savoyarde, ces temps-là sont révolus ! Heureusement que nos nombreux chefs étoilés les mettent en bonne position sur leurs cartes.

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6 réflexions au sujet de « Les blogueurs culinaires et le vin #5 : Mercotte »

  1. Merci Stéphanie pour cette interview de Mercotte: toujours aussi modeste la Dame…oui, Mercotte est une figure très connue aujourd’hui chez les blogueurs culinaires mais pas que; elle a su s’ouvrir de nombreuses portes chez les chefs et la spécificité de son travail ( mettre certaines recettes de grands chefs à la portée de tous) est pour beaucoup dans sa réussite. Elle fait un énorme boulot de recherche, d’essais multiples et de réflexion pour nous donner la possibilité d’approcher avec nos simples casseroles, un batteur et quelques tours de main des résultats vraiment honorables.
    Son site est une merveille de pédagogie et Mercotte elle-même, une personne très attentionnée et généreuse. Bouh…j’arrête là mon éloge. Pour conclure c’est bien grâce à Mercotte que je régale la famille avec mes macarons et c’est grâce à toi Stéphanie que je mesure ma chance de l’avoir croisée!
    Bien amicalement
    Alannie

  2. J’aurais aimé savoir pourquoi Mercotte qui se fait le chantre de la gastronomie et des chefs de sa région, ne nous parle pas plus des vins de Savoie et ne nous fait pas découvrir les bonnes bouteilles du coin (hormis le fait qu’elle ait restreint sa consommation) ; pour sortir du « vin acide-fondue »… Hop, je luis pause la question en direct !

  3. OMG ! Annie, tu vas me faire rougir …..

    Nathalie, tu sais, je ne me sens pas assez qualifiée pour parler du vin, j’aime maîtriser mes sujets ! en plus et surtout, même en me levant à 4 h du matin je n’arrive pas à boucler tout ce que je dois faire, on va moins vite avec l’âge, ou alors je suis trop perfectionniste !
    je compte sur Stéphanie, dont c’est la passion pour palier à ce manque, quand elle vient en Savoie j’essaie à chaque fois de lui faire rencontrer des vignerons géniaux qui ont l’amour de leur métier, mais parfois la SNCF nous contrarie et le programme change, mais cette année ça va le faire et elle pourra en parler avec la fougue de sa jeunesse

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