Les goûters chics parisiens #15 : le Jardin d’Hiver du Crillon

Avec la concurrence des nouveaux hôtels de type hyper-luxe ayant fleuri ces derniers mois dans la capitale, les palaces parisiens historiques sont à la peine. La solution pour le Ritz, le Crillon ? De lourds et coûteux travaux imposant une longue fermeture. C’est donc avant ce chantier colossal que Pascale et moi sommes allées voir à quoi ressemblait le Crillon (une première pour moi en fait, pas pour Pascale) avant d’afficher de nouveaux atours.

J’étais ravie de pousser la porte de cet endroit. Je me souviens très bien de la première fois où j’ai entendu parler de ce lieu mythique et de son prestige. J’avais 17 ans et le père de mon copain emmenait sa nouvelle jeune épouse fêter leur premier anniversaire de mariage au restaurant Les Ambassadeurs. A l’époque déjà, le nom était chargé de rêve et de magie.

Du Crillon, on sait qu’il est considéré comme un des hôtels les plus luxueux au monde. On retiendra aussi tous l’équipe de France au balcon de l’hôtel en 1998, mais sait-on seulement que c’est à ce même numéro que Marie-Antoinette prenait ses leçons de piano, dans ce qui s’appelait jadis l’hôtel d’Aumont ?

J’ai aimé pour faire connaissance avec ce palace l’attaquer par la case « goûter », histoire de me sentir dans mon élément. Le Jardin d’Hiver est d’un confort bienveillant, et avec le froid du dehors, nous avons vite fait de nous lover Pascale et moi dans nos fauteuils en velours.

Tous les deux mois, le goûter se décline autour d’un thème. Depuis le 1er mars, c’est le thème des « gâteaux de voyage » qui rythme le coeur de l’hôtel : un sujet qui ne pouvait que susciter notre enthousiasme. Nous arrivons donc à la fin d’un cycle et nous optons joyeusement pour la formule « le goûter du Crillon », pour lequel il y a largement de quoi occuper les deux gourmandes que nous sommes.

Le fameux thé de l’hôtel de Crillon finira par nous faire oublier définitivement ce temps de Toussaint d’avril – scandaleux d’ailleurs, isn’t it ? – : n’hésitez pas à le prendre, il est envoûtant avec son parfum de bergamote, mais pas seulement (hé oui, nous avons manqué à nos réflexes et n’avons pu relever tous les éléments de sa composition à temps…).

La porcelaine est fine, printanière, ravissante et d’une exquise délicatesse, mais n’a pour moi pas le même charme et la fraîcheur désuète de chez Carette, pour laquelle j’avais eu un coup de coeur.

Un en-cas salé en guise de prélude aiguise nos appétits, un peu comme nous l’avions testé au Meurice. Un toast de foie gras, un sandwich au saumon (légèrement trop salé) et un savoureux sandwich au poulet ouvrent donc le bal.

Dans les goûters, c’est décidément le sucré que je préfère : un assortiment de cinq pâtisseries provenant du chariot éclipse les douceurs salées.

L'assiette sucrée du tea time au Crillon

C’est sans nul doute ce petit gâteau du centre qui me plaît le plus : mélange de noisette et d’abricot, avec ces fruits secs caramélisés si aguicheurs, le « Casse-noisette à l’abricot » réchauffe les papilles. La patte de Jérome Chaucesse, chef pâtissier du Crillon, signe cet équilibre des saveurs. Je m’inspirerais bien de ce gâteau pour une version maison, d’ailleurs. Le cake à la pistache et à la framboise est d’un moelleux incomparable, madeleine et cake au chocolat ne font pas pâle figure à côté non plus. Le macaron (passion ?) est généreux comme je l’aime, j’en aurais bien repris un, par gourmandise.

J’essaie de m’imaginer, l’espace d’un instant, l’ampleur des travaux du palace. Qu’attend-on d’un service de luxe aujourd’hui ? J’ai peine à me transposer dans le Crillon nouvelle génération. Peut-être serai-je séduite… ou peut-être pas. Je ne regrette pas d’avoir saisi cette ambiance faste, qui a sans doute perdu un peu de son lustre par rapport aux petits nouveaux, mais j’apprécie la patine de l’endroit. Et cela, c’est un peu comme un vin, seul le temps permet de fondre les éléments dans une belle harmonie. Le temps, ce nouveau luxe finalement, non ? Et c’est ce que j’ai envie de retenir du lieu et c’est aussi à peu près ce que je ne retrouverai plus après les travaux je pense. Un Crillon en mieux, sûrement, mais différent.

Comptez 40€ pour un goûter dont on peut largement profiter à deux, et 9€ de thé : une formule goûter qui revient à un peu moins de 25€ par personne, même si on est dans la fourchette haute de ce que nous avons pu tester jusqu’à présent. J’avais redouté une grosse inflation des prix à cause de l’endroit, j’ai donc été plutôt surprise dans le bon sens pour un lieu aussi somptueux et chargé d’histoire. A faire au moins une fois, quand même, vite avant la fermeture pour travaux cet été, ou alors il vous faudra patienter jusqu’en… 2014. Ca fait quand même loin pour attendre, non ?

Les impressions de Pascale ? Ici !

Nos précédentes escapades parisiennes .

Jardin d’Hiver de l’hôtel Crillon
10 place de la Concorde
75008 Paris
Variation sur le thé : servi au Jardin d’Hiver de 15h à 18h tous les jours.
Pour réserver : 01 44 71 16 15

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4 réflexions au sujet de « Les goûters chics parisiens #15 : le Jardin d’Hiver du Crillon »

  1. j’adore car nous avions moins partagé nos impressions sur place. Je suis ravie de les découvrir ici. Je vois que nous avons les mêmes interrogations quand à la nature des travaux. Bises.

  2. roooooooooo c’est pô juste, moi aussi je veux un goûter « luxe calme et volupté ». A te lire on dirait que votre goûter s’est passé dans une « bulle » hors du temps, hors de la « folie » moderniste. C’est peut-être çà le vrai luxe

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