Les goûters chics parisiens #16 : l’hôtel Daniel

Le baba qui m’a mise dans tous mes états, par Sébastien Gaudard

Attention coup de coeur ! Je ne pensais pas, après quinze goûters chics, être de nouveau aussi agréablement surprise. L’adresse testée ce mois-ci est donc un Relais&Châteaux, l’hôtel Daniel, situé à deux pas des Champs-Elysées. Sébastien Gaudard à l’oeuvre sur la carte des pâtisseries, forcément ça m’interpelle, après un souvenir impérissable d’un certain Mussipontain pour mon anniversaire cette année.

Et c’est d’abord une atmosphère très différente que nous ressentons d’abord. Malgré le luxe du cadre, Pascale et moi nous sentons tout de suite à l’aise. La fenêtre en guise de lumière du jour, et les fauteuils parfaitement moelleux invitent à se laisser couler dans le weekend qui arrive. Intimiste et feutré, « décor à l’anglaise » pour Pascale, moi c’est surtout le vert des fauteuils de ce lounge qui retient mon attention, exactement celui de chez mes grands-parents, ce qui fait que je me sens un peu à la maison, quand même. De l’endroit, Sébastien Gaudard dit : « Je voulais un endroit où l’on se sente accueilli, un lieu intimiste dans lequel vibre l’authenticité d’une histoire parisienne. L’Hôtel Daniel cultive cette ambiance de grande demeure qui se visite comme on découvre les pages d’un carnet de voyage. »


Il est temps de passer aux choses sérieuses ! Et nous avons faim, voire même grand faim pour ce seizième goûter alors, histoire de savourer chacune une pâtisserie, nous prendrons deux formules Tea time Daniel (ciel !). Accompagnées de deux thés « mélange Daniel », thé annoncé comme très désaltérant sur la carte : cela tombe à pic avec les premières grosses chaleurs de la capitale. C’est notre boisson qui arrive en premier, un thé vert Sencha aux fruits rouges et noirs (je lui trouve un goût très prononcé de violette : pas grave, il me plaît bien, ce thé). Et comme pour célébrer le temps qui passe, arrive le fameux sablier à 3 temps, selon l’infusion que l’on souhaite, plus ou moins corsée. A ce stade-là, je ne sais pas pourquoi, j’ai la Valse à 1000 temps de Jacques Brel dans la tête (vous ai-je déjà dit que j’étais un juke-box ambulant ?) : ces charmants sabliers ont l’art de ponctuer gaiement le temps sur le même rythme que les premières notes que je fredonne dans ma tête.

Présentoir salé des mini-sandwichs et scones. Délicat, raffiné, précieux : nous attaquons les étages avec minutie. Sandwichs saumon/fromage frais, jambon/moutarde, tomate/poivrons confits/pesto, puis viennent les scones, aussi douillettement couverts que ceux qui nous avaient été servis au Meurice.

Ce que nous attendions avec impatience, c’était bien sûr les pâtisseries. Je n’ai pu détacher mes yeux du baba, c’est donc sur lui que j’ai jeté mon dévolu. Et nous souhaitions vivement comparer le Mont-Blanc à celui d’Angelina, alors nous l’avons aussi invité à notre table.

Le baba au rhum… J’aurais tant de choses à vous écrire à son sujet. Il est bien sûr lié à l’histoire familiale et m’a renvoyée de plein fouet au souvenir de mon grand-père, dont c’était la pâtisserie favorite. Drôle d’expérience que de le savourer à son tour et de ne pas partager ses sensations gourmandes avec lui, moi qui détestais ce dessert de son vivant. Un peu comme le vin tout ça, et cette frustration grandissante de ne pas avoir aimé ces choses-là plus tôt pour débattre avec passion avec lui à leur sujet. Vin, baba : même combat finalement. Sébastien Gaudard est réputé pour la façon qu’il a de réhabiliter les pâtisseries classiques, aujourd’hui tombées en désuétude et si je n’ai donc pas trop d’expérience de baba derrière moi, celui-là avait le goût de l’émotion sur mes papilles, et croyez-moi, c’était formidable. Je ne serai donc pas objective sur ce dessert, peut-être que le Nikka Baba de chez Jacques Génin ou ceux de Pierre Hermé récemment sont bien meilleurs mais ce baba-là va marquer le début de mon amour pour cette pâtisserie, c’est certain.

Le Mont-Blanc ensuite : bon, je préfère nettement celui d’Angelina. Ceci dit, celui-là possède un coeur meringué assez étonnant (je sacrerais même Sébastien Gaudard roi de la meringue, tant on y sent une maîtrise de la texture) qui mérite qu’on s’y attarde. La crème de marrons est parfumée, mais après le rhum du baba qui a tué mes papilles, je n’arrive pas à détecter le parfum en question.

Après mon premier moment parfait chez Carette à l’automne dernier, voilà donc avec l’Hôtel Daniel un petit bout de temps suspendu qui me donne déjà envie d’y retourner. Ne serait-ce que pour fondre devant le baba et me laisser aller à mes souvenirs. On y court donc, dans cette petite rue discrète mais chic, et cette formule à 28€ vaut largement le détour. Arriver avant 16 heures si possible, car nous avons pu constater que le salon de thé se remplit très vite par la suite.

Je vous laisse découvrir les impressions de Pascale ici !

Hôtel Daniel
8 Rue Frédéric Bastiat  
75008 Paris
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2 réflexions sur “Les goûters chics parisiens #16 : l’hôtel Daniel

  1. Hmmmm ! Moi je choisis d’office le Mont Blanc !!!
    Merci de nous faire partager ces beaux moments, j’ai l’impression d’y être…:)

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