Les blogueurs culinaires et le vin #10 : Pascale Pla

Lors de mon premier Salon du Blog Culinaire à l’automne dernier, j’ai enfin rencontré Pascale. L’univers de son blog, Les idées vagues de Snapulk, m’avait interpellée bien avant que je n’échange en vrai avec elle. Et il est allé de cette rencontre comme de ces billets que j’avais lus : j’ai adoré Pascale, son côté malicieux et studieux à la fois (à l’exposition des Séductions du Palais la semaine dernière, c’est elle qui a sorti son calepin pour noter consciencieusement les informations de notre guide, pas moi !), sa curiosité et son enthousiasme sur tout. Ce que je ne savais pas vraiment à l’époque, c’est que Pascale est aussi une passionnée de vins (en particulier des vins d’Alsace, sa « folie du moment » comme elle l’écrit joliment). En lisant ses réponses, je n’ai pas honte de dire que je ne connais aucun des vins dont elle parle : je suis même d’autant plus ravie qu’elle me fournisse autant de belles perspectives – avec ses accords avec des plats malgaches ou réunionnais notamment – et de séduisantes bouteilles à découvrir.

1/ A partir de quand as-tu commencé à t’intéresser au vin et en quelle occasion ?

Dans ma famille, on ne s’y intéressait pas vraiment et j’en buvais occasionnellement sans vraiment y prêter intérêt. Et puis, à 34 ans, j’ai rencontré une copine bourguignonne, nous avons partagé de grands moments ensemble et elle m’a fait découvrir les bouteilles qu’elle préférait, elle en rapportait parfois quand elle allait chez elle en week-end. J’ai découvert les Monthelie, Savigny-les-Beaune, leur rondeur, leur subtilité, et peu à peu j’ai eu envie d’en connaître un peu plus.

C’est elle aussi qui m’a signalé que s’ouvrait un cours d’œnologie dans une MJC proche de chez nous il y a 4 ans, et là, tout un univers s’est ouvert à moi, je n’en finis plus de me laisser surprendre par les suggestions de Joël, qui y officie avec talent.

2/ Es-tu plutôt blanc, rouge, rosé ou bulles ?

J’ai d’abord préféré les rouges, mais plus je découvre les blancs et la richesse des accords qu’ils suggèrent, et plus je suis attirée par eux, je sais qu’ils me surprendront à chaque fois. La richesse aromatique des vins d’Alsace est ma folie du moment.

J’apprécie certains rosés, les Corse en particulier, mais ils restent relativement anecdotiques pour moi, je les associe encore à l’été et aux déjeuner dehors, au soleil, ça changera peut-être… Quant aux bulles, je sais que j’ai encore de nombreux domaines à explorer, j’ai eu quelques coups de cœur, mais pas décisifs, surtout l’envie d’en connaître davantage.

3/ Ta plus belle émotion autour du vin… pourrais-tu nous en parler ?

Elle est liée à un moment, une atmosphère particulière : j’étais en vacances en Catalogne dans la famille de mon mari, entre Barcelone et Valence et nous séjournions chez sa marraine, – républicaine ! comme elle tient à le préciser – qui cuisine merveilleusement les plats typiques de sa région. Elle nous préparait une tourte aux épinards et aux amandes et nous avait chargés d’aller chercher le vin. Nous sommes descendus à la coopérative, sans grande illusion sur ce que nous allions y trouver, et nous sommes tombés sur une bouteille qui s’appelait « Llagrimas de tardor », larmes d’automne, nous l’avons choisie vraiment à cause de son nom ! Quand nous sommes rentrés, les parfums de cuisine étaient fantastiques et nous avons ouvert la bouteille pour l’oxygéner. C’était un vin très foncé comme ceux de là-bas, avec des arômes de fruits rouges, de framboise assez classiques, mais la dégustation a révélé des parfums vraiment surprenant, on y trouvait de la violette, de l’olive… Non seulement il était magnifique avec le plat, mais cela me semblait tellement coller à cet environnement, ramener à l’histoire familiale dans ces collines aux oliviers d’où le père d’Olivier (il n’y a pas de hasard dans le choix des prénoms ;-)) était parti avec les républicains espagnols, il avait franchi la frontière avant de rester en France et d’y faire sa vie… Ce vin avait un pouvoir d’évocation qui est devenu inoubliable pour moi. Chaque fois que je retourne là-bas, j’en glisse deux bouteilles dans mes valises et nous choisissons des moments particuliers pour les ouvrir. Je ne suis pas sûre que si j’en achetais sur internet ou si j’en trouvais ici, il serait exactement le même 😉

4/ Quel est l’accord mets-vins le plus réussi que tu as pu réaliser ou tester à ce jour ?

J’en reviens aux vins d’Alsace ! J’avais l’habitude de proposer, lorsque je prépare pour mes amis des plats malgaches ou réunionnais, ce sont mes racines, de proposer des vins rouges un peu corsés, des Corbières ou du Sud-Ouest, et un ami avisé m’a fait découvrir sur un cari de saucisses, épicé avec simplement un mélange pilé ail-gingembre qu’un Riesling Ammerschvihr Martin Schaetzel 2006 était bien plus adéquat ! Les notes d’agrumes qu’il développe, sa richesse aromatique s’accordait parfaitement et mettait en valeurs la subtilité du gingembre plutôt que de l’écraser. Depuis, je cherche beaucoup plus souvent des accords avec des vins blancs, je les trouve plus subtils, même s’ils surprennent les non-avertis, j’ose de plus en plus !

5/ Y a-t-il une bouteille que tu recommanderais sans hésitation à tes proches ?

Alors là, c’est très difficile, j’ai appris aussi que les goûts sont très différents, il y a des choses que j’adore et qui ne plaisent pas du tout à d’autres. Je préfère en parler, attiser la curiosité, et choisir ensemble.

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