L’Altenberg Grand Cru de Marcel Deiss ou la bouteille qui a enchanté ma fin d’année

Marcel Deiss, ou les bouteilles qui m’ont fait aimé de nouveau les vins d’Alsace.

Je m’étais lassée des vins d’Alsace. Lassée des vendanges tardives, pourtant excellentes, que nous buvions pendant les fêtes de fin d’année en famille. Jamais vraiment tombée amoureuse des pinots noirs alsaciens, même si je savais qu’il y en avait de délicieux. Et puis oui, ok, pinot gris et riesling de temps en temps, mais plutôt « comme ça pour voir« . Et puis il y a eu une rencontre en novembre au Pavillon Gabriel, avec le vigneron – Jean-Michel Deiss – et quelques-unes de ses bouteilles, et puis cette bouteille-là qui est revenue croiser mon chemin, début décembre. Et qui s’est invitée de nouveau à la table du réveillon, parce que j’avais trop envie, à mon tour, de faire découvrir à ma famille le vin d’Alsace que j’avais aimé.

Cette bouteille d’Altenberg Grand Cru de Bergheim 2007, c’est un peu de la magie, surtout sur un foie gras accompagné de son pain d’épices (celui du Rucher de Chamarande, il est top !). C’est aussi d’abord une étiquette unique, avec ses enluminures sorties tout droit d’un conte de fées. Le vin n’est pas débouché et il raconte déjà une histoire dans laquelle on a envie de se plonger.

Le terroir, cher à Jean-Michel Deiss, trouve dans ce vin sa plus profonde expression : avec une densité élevée de pieds de vignes à l’hectare, les racines doivent plonger profondément dans la terre dont elles restituent tout le caractère. C’est un vin qui, contrairement aux autres vins alsaciens, rassemble tous les cépages de la région (même le chasselas rose !). Le résultat d’une logique de complantation (« (La plantation d’un seul cépage) empêche l’expression complète du terroir à l’image d’une personne dont le vocabulaire ou l’alphabet trop pauvre empêcherait de dire le monde ou ses sentiments profonds » : c’est Jean-Michel Deiss qui le dit, c’est une belle image non ?) et d’une vendange unique non triée. C’est effectivement incroyable mais vrai : sur les terres de Jean-Michel Deiss, tous les cépages arrivent à maturité en même temps.

Et dans le verre, il donne quoi cet Altenberg ? Ah, c’est une symphonie. Des fruits secs, de la vanille, une fraîcheur troublante malgré son sucre résiduel, un TOUT qui impressionne. Si on rajoute un potentiel de garde de 15 à 20 ans, autant dire qu’à ma prochaine virée alsacienne, je file au domaine. Parce que Jean-Michel, c’est aussi un conteur, un enchanteur du vin, passionnant à écouter.

Et oui, j’ai peut-être écrit (et soutenu fermement) que je n’aimais pas trop les vins sucrés avec le foie gras, surtout quand on commençait le repas de cette manière. Bon, d’accord, je vous l’accorde, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

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Une réflexion au sujet de « L’Altenberg Grand Cru de Marcel Deiss ou la bouteille qui a enchanté ma fin d’année »

  1. Eh oui! il y a toujours un miracle possible au fond d’une bouteille…cette émotion que tu partages là, je l’ai vécue avec une bouteille de chez Rolly Gasmann. Dégustés en cave, les vins que l’on goûte sont ceux que l’on achète…seuls les vins ouverts à maturité sont mis en vente: une politique et un choix de garde par le vigneron que je n’ai trouvé nulle part ailleurs en Alsace.
    Je note précieusement l’adresse de JM DEISS pour notre prochaine virée alsacienne (toujours ponctuée de visites vigneronnes, des vignes ET des chais!). Merci pour ce partage…qu’en au foie gras, j’ai le souvenir d’une soirée extraordinaire dans un tout petit restau à La Rochette: un foie gras canard et oie mi cuit à tomber!
    A bientôt
    Bonne et belle année 2013
    Alannie

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