Schacciata des vendanges ou la tarte au pain sucrée, raisins frais et romarin d’Alba Pezone

Un goûter des vendangeurs bien gourmand...

Le mois de septembre passe très vite. Trop vite. Les journées s’enchaînent, les événements rythment le quotidien, la machine s’emballe, parfois. Alors de temps en temps, j’ai envie d’agiter le drapeau blanc, de dire que stop, ça suffit un peu, il faut se poser là. Généralement, cette envie se double d’un goût prononcé pour des recettes simples, vite faites, pas trop travaillées. Le goût de la saison aussi, que j’ai envie de célébrer, ne serait-ce que pour apprendre à regarder mon assiette autrement en profitant de ce que la nature nous offre en ce moment (j’ai une irrésistible attraction par exemple, à cette époque de l’année, pour les trottoirs à côté de chez moi, jonchés de bogues de marronniers, je trouve ce spectacle ravissant : suis-je la seule ?) .

Et pour moi, septembre rime surtout avec Lire la suite

Pan di Spagna (génoise amandes et zeste d’orange)

Je suis sûre que vous avez déjà eu recours à ce genre de phrase auto-motivante. « Si je réussis le Pan di Spagna (gâteau au chocolat/cake aux fruits/etc.), je réussis mon autre défi de demain. » Le genre de condition sans queue ni tête que l’on s’impose (le rapport entre le Pan di Spagna et le reste? Aucun bien sûr!), juste pour se redonner confiance, pour y voir un signe de bon augure avant d’autres challenges.

La construction de la phrase à condition est souvent assez tordue. Cette rhétorique commence par une condition généralement absurde mais réalisable (voir la bande-annonce d’Un long dimanche de fiançailles : si Mathilde arrive à la fin de sa pelure de pomme sans la casser… Manech est vivant. J’ai tenté de retrouver si cela venait du merveilleux livre de Sébastien Japrisot ou si c’était Jeunet qui l’avait rajouté dans le film : sans succès) pour valider la seconde partie de la phrase, celle qu’on souhaite vraiment. Pour info, cette logique fonctionne avec à peu près tout : « Si jamais je  réussis à me vernir les ongles des pieds sans déborder, je gagne au Loto demain ». Variante : « si je finis la tablette de Tanariva en une seule fois (même pas peur), je rentrerai dans mon jean à coup sûr cet automne (un peu stupide et incohérente, la rhétorique, je vous avais prévenus!)« .

L’histoire ne dira pas si j’ai finalement réussi la deuxième partie de ma phrase, mais pour le Pan di Spagna en tout cas, c’est un sans faute. Deux conditions indispensables : trouver de la bonne pâte d’amandes à plus de 50% de fruit (la mienne a été dénichée à la ferme de Viltain) et attendre au moins 24 heures pour que le parfum d’amande se diffuse dans le gâteau.

J’ai cherché la signification de ce Pan di Spagna : traduit littéralement par gâteau éponge, il est effectivement très proche d’une génoise classique, sauf que son parfum est absolument gracieux et enivrant. Si quelqu’un a des infos sur son histoire, je suis preneuse, mes recherches m’ayant laissée sur ma faim.

« Si je reprends une part du Pan di Spagna, ça voudra dire que… je suis une incorrigible gourmande, c’est tout!« 

Pan di Spagna (recette tirée du ELLE à table, par Alba Pezone)

10 personnes

350g de pâte d’amande de très bonne qualité

6 oeufs bio

Zeste d’une demi-orange non traitée

Quelques gouttes de fleur d’oranger

150g de farine

1/2 cc de levure chimique

100g de beurre doux

1. Préchauffer le four à 180°. Dans un bol, mélanger la farine et la levure.

2. Dans le bol du KA, mettre la pâte d’amande émiettée, le zeste d’orange et l’eau de fleur d’oranger : assouplir le mélange avec la feuille à petite vitesse. Ajouter les oeufs les uns après les autres et travailler le mélange pendant 5 minutes. Remplacer la feuille par le fouet et augmenter la vitesse progressivement en fouettant pendant 10 minutes pour incorporer le maximum d’air : la préparation doit être très mousseuse et doit avoir la texture d’un sabayon.

3. Pendant ce temps, faire fondre le beurre. Ajouter une cuillère à soupe de la préparation et mélanger. Incorporer la farine au bol du robot avec une spatule en tamisant le mélange farine/levure au-dessus de la préparation. Mélanger lentement, du centre vers l’extérieur, en faisant tourner le bol dans les mains. Incorporer le beurre en filet de la même manière.

4. Verser la préparation dans votre plus joli moule en silicone et enfourner pendant 30 minutes. Vérifier la cuisson du bout des doigts : une légère pression exercée à la surface du Pan di Spagna doit s’estomper rapidement. Laisser le gâteau tiédir avant de le démouler. Le laisser ensuite refroidir complètement et l’envelopper d’un film alimentaire : à ne déguster qu’au bout de 24 heures si vous avez le temps de patienter jusque-là.