Les blogueurs culinaires et le vin #9 : Claire Pichon

La seule qui ait croisé mon chemin pour l'instant, j'espère découvrir des millésimes plus vieux un jour !

Les vacances arrivant, et suite à mes péripéties bordelaises dont il faut que je vous parle, j’ai décidé de relancer cette petite série sur les blogueurs culinaires et le vin (les huit premiers portraits sont ici), et de leur donner de nouveau la parole à propos de leurs bouteilles préférées. Encore quelques-uns de mes blogs chouchous, qui ont très gentiment accepté de lever un petit coin de voile sur cet univers. Claire, auteur de La plus petite cuisine du monde, m’a envoyé ses réponses dans la foulée, et je dois dire qu’en lisant ses lignes, j’ai eu l’impression de découvrir un peu le Saint Graal avec elle auprès d’Alain Passard et de Gaylord, à cette table de l’Arpège. Comme eux ce jour-là, j’ai été tentée de retenir mon souffle au moment où cette fameuse bouteille a été débouchée, rien qu’en lisant ces lignes… Je ne vous fais pas plus languir, il faut lire ses réponses et Lire la suite

Les blogueurs culinaires et le vin #7 : Edda

C’est au tour d’Edda, la belle italienne de notre blogosphère, de répondre à mon petit questionnaire ! En plus de ses recettes savoureuses et précises sur son blog (je vous recommande chaleureusement ses dattes au mascarpone et sa gelée de citron – rien que de l’écrire cela m’en donne encore envie !), Edda est aussi l’auteur d’un livre qui lui ressemble, un formidable concentré de cuisine italienne agrémenté de magnifiques photos (à placer absolument au pied du sapin). Je vous reparlerai dans un prochain billet de ses raviolis que j’ai eu l’occasion de réaliser samedi dernier. Ne connaissant pas très bien le vin italien et curieuse des goûts d’Edda, je lui ai donc soumis mes questions. Elle me confesse apprécier énormément les bons vins et leurs parfums : c’est un peu de Lire la suite

Les blogueurs culinaires et le vin #6 : Dorian

Dorian prêt pour une démo au Salon du Blog Culinaire de Soissons

Si vous avez manqué les épisodes précédents, voir ici.

Ce petit tour d’horizon manquait d’un point de vue masculin, vous ne trouvez pas ? Voilà l’erreur réparée. Dorian, ah ! Dorian ! Un gourmet gourmand (ou gourmand gourmet) qui nous régale aussi de la finesse de sa plume et que j’ai rencontré lors d’un défi culinaire au Palais de Tokyo. J’ai salivé devant ses raviolis ce weekend au Salon du Blog Culinaire de Soissons comme devant son cheesecake posté sur son blog à peine rentré. Oh, et si vous ne connaissez pas encore les whoopies, laissez-le vous convaincre et vous ne serez pas déçu !

Des souvenirs oenophiles, nous en avons partagé également au pavillon Dauphine l’année dernière. A propos du vin justement, Dorian a écrit dans le questionnaire ci-dessous cette phrase lumineuse qui a fait tilt dans ma tête : « Mon seul plaisir ne me suffit pas quand je bois du vin, j’aime bien voir l’œil ému de l’autre, ça m’aide à aimer un verre ou une bouteille. » Il a résumé en quelques mots ce que j’essaie d’expliquer souvent avec peine : que le vin est avant tout une histoire de plaisir partagé, qu’il ne faut pas avoir peur de trouver son cercle d’amis avec lequel on se sent à l’aise pour échanger ses impressions à propos d’une bouteille. Je vous laisse découvrir ses réponses pleines de charme et d’humour : un caviste attentionné, un champagne qui ferait presque perdre le sens de la mesure, une prédilection certaine pour des accords mets-vins locaux… On a vite faim et soif avec Dorian !

1/ A partir de quand as-tu commencé à t’intéresser au vin et en quelle occasion ?

J’ai d’abord commencé par fréquenter beaucoup de mauvais vins, des vins pour ado qui s’ennuient et j’aurais peut-être pu en rester là. Et puis, je l’ai d’ailleurs déjà raconté quelque part… Mes premiers vrais intérêts pour le vin datent d’une rencontre avec un caviste du côté de Boulogne-Billancourt, un caviste qui s’est vite rendu compte que je n’y connaissais rien de rien et qui a pris le temps de me choisir des bouteilles et surtout de me les raconter ! Le vin sans l’histoire qui va avec ça m’intéresse quand même beaucoup beaucoup moins.

2/ Es-tu plutôt blanc, rouge, rosé ou bulles ?

Je suis rouge depuis très longtemps avec quelques faiblesses pour le blanc, je ne résiste jamais à une bouteille de Chablis… Le rosé, nous ne nous sommes jamais trouvé et les bulles je me découvre une nouvelle passion pour le champagne, c’est très récent ! Je dois ça à une bouteille de la maison André Beaufort, un pur moment de découverte pendant lequel j’en aurais presque perdu la modération… presque !

3/ Ta plus belle émotion autour du vin… pourrais-tu nous en parler ?

Je ne bois pas seul alors mes émotions sont toujours autour du partage d’une bouteille. Mon seul plaisir ne me suffit pas quand je bois du vin, j’aime bien voir l’œil ému de l’autre, ça m’aide à aimer un verre ou une bouteille. Alors mes plus belles émotions ont souvent été celles des autres, la petite lumière partagée avec quelques-uns, sans que je puisse vraiment citer un de ces moments… Et puis d’abord ça ne se partage pas, ce sont des souvenirs entre buveurs ,-) !

4/ Quel est l’accord mets-vins le plus réussi que tu as pu réaliser ou tester à ce jour ?

Je n’ai pas vraiment le souvenir d’une réussite en particulier mais plus d’accord que je dirais culturels… Le souvenir de vins espagnols puissants et généreux bus en même qu’un cocido, le vrai plat national espagnol. Et beaucoup d’autres comme ça avec des vins portugais et quelques plats de morue ou même plus lointain, un argentin qui avait fait merveille avec une viande grillée… forcément ! Je crois que j’aime bien boire culturel…

5/ Y a-t-il une bouteille que tu recommanderais sans hésitation à tes proches ?

Un vin bordelais même si je me rends compte que mes goûts changent avec le temps… plus ça va plus je m’éloigne des vins à fort caractère, un jour je me demande si j’arriverai encore à boire du Saint-Estèphe… Alors que pendant longtemps j’aurai bien tué ma belle-mère pour une bouteille de par là-bas !  Un vin bordelais donc généreux et compliqué comme je les aime aussi quand même, le 1901 château Beauséjour, un vin un peu cher mais tellement bon.

Les blogueurs culinaires et le vin #5 : Mercotte

Les billets précédents sont à lire ici.

Mercotte est une des toutes premières blogueuses que j’ai rencontrées à l’ouverture de mon blog. Ses macarons sont devenus célèbres, ses livres tout autant, et ses chroniques sur France Bleu Pays de Savoie ont leur lot de fidèles auditeurs. C’est grâce à Mercotte que j’ai commencé à m’intéresser à la cuisine des chefs. C’est encore grâce à elle que j’ai pu aller à l’Oxalys deux années de suite et partager entre amis ces moments si merveilleux auprès de Jean et Magali Sulpice. Si Mercotte se dit « plus vraiment intéressée par le vin avec l’âge et la vie qu'(elle) mène », j’ai trouvé, à la lecture de ses réponses, qu’elle avait beaucoup plus de choses à dire sur le vin qu’elle ne le pensait, et je suis ravie qu’elle ait accepté de jouer le jeu de ce petit questionnaire. « Si je veux rester en forme, j’en consomme de moins en moins, je me limite généralement à un verre de Ruinart qui me fait apéro et tout le repas quand je vais chez les grands ! », m’écrit-elle. Et on serait bien tenté d’adopter sa petite phrase comme discipline de vie, en fait !

Où il est question de belles bouteilles dans ce billet (même si la plupart me sont inconnues !), d’un frère au rôle déterminant dans son parcours oenophile, mais aussi de ces vignerons savoyards qu’elle défend avec ferveur, et de chefs étoilés, bien sûr !

Mercotte, toujours de bonne humeur, dans la cuisine de l'Oxalys cet été

1/ A partir de quand as-tu commencé à t’intéresser au vin et en quelle occasion ?

Comme nous ne buvions pas de vin en famille, je m’y suis intéressée assez tard, grâce aussi à mon frère qui, tout comme pour cuisiner, m’a ouvert la voie. Au début ce n’était pas évident car je n’avais pas spécialement d’attirance et goûter juste en trempant mes lèvres dans du vin ne m’apportait pas grand-chose. C’est en me forçant à boire un verre de champagne en 1974 que j’ai franchi l’obstacle et le premier verre de rouge bu après m’a tout de suite paru bon. J’ai pu aussi, grâce à un exceptionnel partage avec mon frère qui a investi très tôt dans des vins prestigieux, affiner mes goûts et mes préférences.

2/ Es-tu plutôt blanc, rouge, rosé ou bulles ?

Dans l’ordre et quand je buvais plus régulièrement, rouge, blanc et bulles.

3/ Ta plus belle émotion autour du vin… pourrais-tu nous en parler ?

Il y en a eu plusieurs, toujours chez mon frère sans qui je n’aurais jamais eu accès à toutes ces belles bouteilles : en rouge, un Chambertin Clos-de Bèze du domaine Clair-Daü 1973, toute la caisse de Laffite 1971 et tous les cartons inoubliables de Volnay Clos de la Bousse d’or et de Volnay Caillerets clos des 60 ouvrées du domaine de la Pousse d’or des millésimes 1976 et 1978. En blanc le Chevalier-Montrachet 1982 du domaine Leflaive et en bulles l’extraordinaire champagne Piper-Heidsieck cuvée Florens Louis de 1964.

4/ Quel est l’accord mets-vins le plus réussi que tu as pu réaliser ou tester à ce jour ?

Ris de veau aux girolles avec un Volnay Clos de la Bousse d’or 1978.

5/ Y a-t-il une bouteille que tu recommanderais sans hésitation à tes proches ?

J’ai bien peur que celles qui m’ont marquée ne soient plus disponibles, et je modère ma consommation depuis quelques années.
Je note par contre les progrès remarquables de nos vins de Savoie chez les nouvelles générations qui nous proposent des vins bio ou en culture raisonnée qui en dégustation à l’aveugle n’ont rien à envier aux grands… il faut juste que le grand public oublie cette ancienne image dévalorisante et qu’il ne reste pas sur l’association Apremont acide – fondue savoyarde, ces temps-là sont révolus ! Heureusement que nos nombreux chefs étoilés les mettent en bonne position sur leurs cartes.