Les blogueurs culinaires et le vin #4 : Anne Lataillade

Les billets précédents : la liste ici.

Petite escale à Bordeaux cette semaine avec Anne, dont je me languissais de lire les réponses à mes questions. On ne présente plus son blog : depuis bientôt quatre ans que je la lis, j’ai appris une multitude de choses sur tout un tas de produits (dont la truffe), suivi ses pérégrinations en Irlande, et salivé devant son billet sur le crémeux au Carambar d’Anne-Sophie Pic. Ses billets sur le vin ont également piqué ma curiosité et j’ai voulu en savoir plus sur ses goûts en la matière. Encore une belle histoire, puisque cette Bordelaise d’adoption est tombée sous le charme des vins de sa région.

Le hasard fait bien les choses : quelques jours après avoir reçu ses réponses, j’ai eu l’occasion de déguster des Sauternes dans le cadre d’une séance avec Jeudivin. Le fameux château Coutet dont me parlait Anne avec ferveur figurait à notre table ce soir-là. Après l’avoir dégusté à mon tour, je partage amplement ses impressions ci-dessous ! Où elle nous parle de cuisine du Sichuan, du rapport du vin et du temps qui passe, et de la fraîcheur de ces divins Sauternes…

1/ A partir de quand as-tu commencé à t’intéresser au vin et en quelle occasion ?

Je me suis intéressée aux vins quand je suis venue faire mes études à Bordeaux. Jusqu’alors, je n’y prêtais pas grande attention mais en venant habiter ici, c’est devenu évident.

2/ Es-tu plutôt blanc, rouge, rosé ou bulles ?

J’aime tout, tout dépend de l’occasion et du menu. 

3/ Ta plus belle émotion autour du vin… pourrais-tu nous en parler ?

Château Coutet à la table de Jeudivin

J’ai eu la chance dans un même repas de pouvoir déguster 4 crus d’un même château (Château Coutet, grand cru classé Sauternes) de 4 décennies différentes. J’ai trouvé cette expérience absolument fantastique. A la fois pour le côté évolution d’un cru (il est passionnant de pouvoir faire des bons de 10 ans dans la dégustation d’un même cru) que pour le côté historique.  Lorsque vous pensez que le vin que vous buvez a été assemblé alors que vous n’étiez qu’une enfant, cela fait réfléchir sur le temps qui passe 😉 Chaque fois que j’ai la chance de déguster une bouteille datant de plusieurs dizaines d’années, j’ai cette pensée pour les gens qui ont vendangé ce raisin, créé le vin, mis en bouteille, bref, pour tout ce qu’il s’est passé avant qu’elle n’arrive sur ma table.

4/ Quel est l’accord mets-vins le plus réussi que tu as pu réaliser ou tester à ce jour ?

Cuisine chinoise du Sichuan et vins de Sauternes : Il est étonnant de voir comment les saveurs aigre-douces, sucrées, exotiques, complexes de la cuisine du Sichuan s’accordent bien avec les vins de Sauternes. Ils y apportent une sensation de fraicheur tout à fait étonnante.

5/ Y a-t-il une bouteille que tu recommanderais sans hésitation à tes proches ?

Difficile de choisir. Un vin de Bordeaux c’est sûr, je promeus ma région (même si j’aime beaucoup aussi les vins provenant d’autres régions de France et du monde). A petit prix, je vous dirai pourquoi ne pas essayer un Luccios – Brut – Crémant de Bordeaux ? Oui, on fait aussi du Crémant à Bordeaux ;). Ou un entre deux mers blanc comme le Château Lestrille ?

Et si l’on casse sa tirelire, en Sauternes, un Château Coutet dont je parlais tout à l’heure : un Sauternes avec des notes de fraicheur, c’est fantastique.  Quant aux vins rouge, je vous conseillerai un Château Bouscaut (Graves), toujours fantastique !

Les blogueurs culinaires et le vin #3 : Mamina

Pour les épisodes précédents, voir ici et .

Mamina, j’ai appris à la connaître au fil de nos rencontres. C’est une femme généreuse et passionnée. C’est aussi – excusez du peu ! – la rédactrice en chef du magazine Yummy (dont le dernier numéro vient tout juste de sortir). Ses réalisations culinaires m’ont toujours impressionnée, mais ce qui a surtout retenu mon attention, ce sont ses remarques très pointues sur le vin glanées autour de notre rencontre avec Laurent Herlin en juin, ou dans le cadre d’une récente soirée autour des accords fromages-vins chez Fauchon dont il faudra que je vous reparle. Et cela m’a donné envie d’en savoir plus sur le parcours oenophile de Mamina. « C’est le bon vivre que je défends » me rappelle-t-elle : et en effet, à la lecture de ses réponses, comment ne pas rêver devant sa poularde à la crème accompagnée d’un bon vin jaune, ou à cette atmosphère intime qui lie le vigneron à son visiteur dans l’ombre secrète de la cave ? Mamina, j’espère que j’aurai un jour l’occasion de déguster ce fameux Poyeux dont tu nous parles.

1/ A partir de quand as-tu commencé à t’intéresser au vin et en quelle occasion ?

Je ne suis pas d’une famille où on s’intéressait beaucoup au vin, mais j’ai quand même été initiée au Champagne très jeune. J’ai commencé à m’intéresser vraiment au vin aux alentours de 25 ans après mon mariage. Un passage en Bourgogne m’a ouvert les pailles et notre installation dans les pays de Loire m’a ouvert des horizons insoupçonnés.

2/ Es-tu plutôt blanc, rouge, rosé ou bulles ?

Plutôt blanc quoique, mais j’aime aussi beaucoup le Champagne. J’aime beaucoup le chenin qui permet d’aller des vins extra secs, en passant par les bulles et en allant aussi sur des hyper moelleux. Le rosé n’est pas trop mon « truc » mais il m’est arrivé dans déguster quelques-uns d’agréables.

3/ Ta plus belle émotion autour du vin… pourrais-tu nous en parler ?

Ma plus belle émotion ? Le choix est un peu difficile car il n’y en a pas qu’une. Je suis particulièrement émue lorsque je suis dans une cave avec un vigneron qui sait parler avec passion de son travail. Je pense donc en particulier à une cave de Saumur. La cave est sous la maison du vigneron et, moi qui suis clautrophobe, je ne pense pas un instant que je suis loin du jour.

Atmosphère chaleureuse dans la cave d'Antoine Sanzay cet été

4/ Quel est l’accord mets-vins le plus réussi que tu as pu réaliser ou tester à ce jour ?

Dans les accords assez simples que j’aime le plus, il y a le vin jaune qui va si bien avec un bon Comté ou avec une poularde à la crème.

5/ Y a-t-il une bouteille que tu recommanderais sans hésitation à tes proches ?

Curieusement, alors que je préfère le blanc que je préfère c’est une bouteille de vin rouge qui me vient à l’esprit un Poyeux du Domaine Clos Rougeard. J’ai la chance d’en avoir un certain nombre de bouteilles dans ma cave, je suis toujours heureuse de pouvoir offrir ce Saumur Champigny à mes amis. En conclusion : Monsieur Mamina et moi avons transmis notre amour du vin à nos filles, un de nos gendres a repris le flambeau… l’avenir du vin est en marche.

Les blogueurs culinaires et le vin #2 : Florence Fouché

Ma deuxième invitée pour cette petite série autour du vin, c’est Florence, de Gourmandises Chroniques. Elle nous régale de sa plume et de ses photos (vous pouvez admirer sa photo de tarte rustique et son sorbet basilic retenue pour le Concours International de la Photo Culinaire ici, édition 2011), et a gentiment accepté de se soumettre à mon questionnaire. J’ai en commun avec elle un goût prononcé pour les Côteaux du Vendômois et un souvenir d’une jolie table où le goût des guimauves à la cardamome s’est imprimé de façon pérenne sur nos papilles. Florence nous parle avec plein de fraîcheur de sa tante, son initiatrice en matière de vins, de la découverte des vins de sa région d’adoption – la Loire -, et d’une anecdote très rafraîchissante à propos d’un Mouton Rothschild qui m’a beaucoup amusée. Florence, il faudra qu’on reparle de bulles, si j’en crois tes réponses !

1/ A partir de quand as-tu commencé à t’intéresser au vin et en quelle occasion ?

J’ai été initiée au vin par ma tante maternelle, je devais avoir 24 ou 25 ans… mais il faut dire qu’avant, j’ai fait de la résistance ! L’initiation s’est faite petit à petit avec du Bordeaux, un Graves ou un Pessac Léognan probablement. Sa persévérance a payé et je lui en suis reconnaissante car désormais, je n’envisage plus un bon repas sans la bouteille qui l’accompagne !

2/ Es-tu plutôt blanc, rouge, rosé ou bulles ?

Je reste fidèle à mes premières amours et affectionne plus particulièrement le vin rouge et d’autant plus quand celui-ci est tannique ! J’aime les vins charpentés ! Mais ayant posé mes valises depuis quelques années en Loir et Cher, je découvre avec plaisir les vins de Loire. Mon palais s’initie aux vins blancs minéraux et se laisse charmer par les rosés et les gris de la région. En revanche, j’ai un vrai problème avec les petites bulles, car à moins de ne pas avoir goûté les bonnes, je ne suis toujours pas convaincue… D’ailleurs, si quelqu’un veut relever le défi de me faire changer d’avis, je suis partante !

3/ Ta plus belle émotion autour du vin… pourrais-tu nous en parler ?

Ma plus belle émotion n’est pas liée à un vin en particulier mais à la personne avec qui je le déguste. Et c’est toujours un moment particulier que de déguster du vin avec ma tante, elle qui m’a initiée à ce plaisir. Je suis toujours touchée de voir le soin qu’elle apporte au choix de ses vins, elle y est très attentive, et je me régale toujours de la petite anecdote qui l’accompagne, qu’elle soit historique ou nous remémorant une tranche du passé familial !

4/ Quel est l’accord mets-vins le plus réussi que tu as pu réaliser ou tester à ce jour ?

Je crois que la magie a opéré lors d’un déjeuner chez Jean Pierre Xiradakis à la Tupina à Bordeaux quelques temps après le passage à l’euro. Ma tante avait commandé cette mémorable bouteille, un château Mouton Rothschild 1992 à la serveuse perplexe qui lui avait demandé à plusieurs reprises si elle était sûre de son choix mais qui, devant l’insistance de ma tante, avait dû s’incliner… Il s’est passé quelque chose ce midi-là, j’ai bien senti que ce vin était particulier et l’accord avec la volaille rôtie était juste parfait. Je me rappelle encore avoir marqué un temps d’arrêt en les dégustant ensemble. Ce qui a d’autant plus réjoui ma tante a posteriori, puisque le vin fut aussi mémorable que la note salée… ma tante ayant confondu les euros avec les francs fraîchement remplacés ! La circonspection de la serveuse a alors pris tout son sens ! J’ai d’ailleurs toujours la bouteille (vide !) en souvenir de cette émotion et de cette anecdote cocasse rentrée dans les annales de la famille !

5/ Y a-t-il une bouteille que tu recommanderais sans hésitation à tes proches ?


Conseiller un vin touche à l’intime ce n’est donc pas chose aisée… Mais pour porter haut les couleurs de ma région d’adoption et parce que celle-ci recèle de richesses insoupçonnées, j’ai choisi le gris Bodin de Patrice Colin, auquel tu avais d’ailleurs dédié un très bel article qui nous avait permis de faire connaissance ! C’est un vin des coteaux du Vendômois élaboré uniquement à partir du cépage Pineau d’Aunis, c’est un rosé frais et fruité, toujours le bienvenu sur mes tables estivales !

Les blogueurs culinaires et le vin #1 : Pascale Weeks

On les connaît plus souvent pour leurs recettes divines et délicieuses, mais que sait-on de leurs goûts pour le vin ? Cela faisait longtemps que je voulais sonder quelques blogueurs culinaires de mon entourage à propos de leur parcours initiatique en la matière. Ma première invitée, c’est Pascale Weeks. Après nos goûters chics, voilà donc un exercice d’un genre différent ! Pascale est aussi un peu ma « marraine » dans le vin puisque c’est grâce à elle que j’ai rejoint Jeudivin, étape qui a signé mon début de passion pour les vins et tout ce qui s’y rapporte. J’espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à lire ses réponses ! Où il est question de transmission entre amies, de tomates fumées et de nez de beurre frais…

1/ A partir de quand as-tu commencé à t’intéresser au vin et en quelle occasion ?


J’ai bu mon premier verre de vin vers 22 ans mais c’est véritablement à 30 ans que j’ai commencé à m’y intéresser, le jour où j’ai commencé à acheter du vin toute seule. Je me souviens d’avoir été perdue la première fois que j’ai dû acheter du vin pour des amis qui venaient diner à la maison. Une amie à moi, Françoise m’a beaucoup aidée. Ensuite, j’ai pris l’habitude de poser des questions aux cavistes et surtout à me souvenir des vins que j’aime.

2/ Es-tu plutôt blanc, rouge, rosé ou bulles ?

A 46 ans, j’ai encore du mal avec les bulles mais j’ose enfin refuser une coupe de champagne pour demander un verre de vin quand c’est possible. Au départ je ne buvais que du rouge et je n’appréciais même pas le vin blanc. Aujourd’hui, mes vins préférés sont des vins blancs et comme pour le chocolat noir et le chocolat au lait, j’ai des moments « vins rouges » et d’autres « vins blancs », selon mon humeur. J’ai encore un apriori avec les vins rosés et ce n’est jamais un vin que j’achète ni ne commande dans un restaurant, même si je reconnais qu’il m’est arrivé d’en boire des bons. Je dois être un peu snob, je pense !

3/ Ta plus belle émotion autour du vin… pourrais-tu nous en parler ?

C’était il y a environ 1 an. Cela faisait un moment que j’entendais parler de ce nez de beurre frais que peuvent avoir certains vins blancs. Je pensais que c’était un truc de sommelier. Et puis un jour, durant une soirée dégustation, j’ai enfin senti ce nez dans un verre de Bourgogne de Joseph Drouhin (Puligny 1er cru Clos de la Garenne 2007). J’étais très émue, j’avais envie d’en parler aux gens autour de moi mais je ne connaissais personne.

4/ Quel est l’accord mets-vins le plus réussi que tu as pu réaliser ou tester à ce jour ?

J’avoue ne pas consacrer toute l’énergie nécessaire à mes accords mets et vins à la maison et je le regrette. En revanche, je me souviens très bien d’un accord mets et vins chez Spring, un restaurant parisien. C’était une entrée avec des tomates fumées et le goût des tomates fumées se mariait particulièrement bien avec un Crozes-Hermitage blanc 2007 de chez Marc Sorrel. La tomate faisait ressortir le coté fumé du vin et vice-versa.

5/ Y a-t-il une bouteille que tu recommanderais sans hésitation à tes proches ?

Conseiller une bouteille de vin, c’est comme conseiller un livre ou un film, je trouve toujours cela très difficile car nous avons des goûts et des attentes différents. Mon vin préféré est le Condrieu, découvert complètement par hasard il y a quelques années. Du coup, si vous aimez le Condrieu, j’aurai tendance à conseiller ceux d’André Perret que j’ai eu l’occasion de goûter il y a un an.