A la découverte des whiskeys…

Cher petit frère,

J’ai regretté que tu ne sois pas avec moi jeudi soir dernier. Invitée à l’Ambassade d’Irlande, ta chère grande soeur est allée goûter des whiskeys et autres spiritueux venus tout droit de ce pays si vert. Oui oui, tu as bien lu, même si je n’y connaissais rien, j’avais décidé de m’instruire justement. Et je te rassure, les dégustations étaient tout à fait modérées, ce qui a favorisé cette approche pas si aisée de prime abord, je trouve. Dans la famille, c’est plutôt toi qui apprécies les alcools forts, alors j’ai joué les explorateurs pour toi en prenant soin de prendre des notes, dans le but de te faire un petit compte-rendu.

Mon palais et mes sens en général ont été tout bouleversés par ces découvertes, mais tu connais sûrement ces alcools-là mieux que moi. Une charmante dame (The Irishman)  m’a présenté tout d’abord deux whiskeys : le premier, que j’ai trouvé très imposant en bouche, avait un tempérament tout masculin, tandis que le deuxième (Single Malt, le joli doré de la photo) m’a beaucoup plus marquée par son élégance et sa façon très douce de s’imposer, tout en subtilité. Il m’a réconciliée avec les whiskeys d’ailleurs, je crois.

Mais bon, l’Irlande, c’est aussi Lire la suite

Variations « cidresques » pour les fêtes de fin d’année : cocktail hivernal au cidre et cidre façon Irish Coffee

Depuis que j’ai commencé les cocktails en tout genre avec ma belle-soeur, j’avoue m’être sérieusement prise au jeu. Tout est ludique dans la préparation d’un cocktail : du maniement du shaker (merci le petit frère!) jusqu’aux multiples tests pour bien vérifier le bon équilibre des saveurs… il se pourrait bien que quelques petits mélanges s’invitent sur ce blog d’ici la fin de l’année!

Cible de nos tests cette fois-ci : le cidre. Et il mérite d’être  désolidarisé de la sacro-sainte crêperie! En effet, Monsieur Cidre a prouvé qu’il pouvait s’encanailler très vite dans le verre avec quelques copains toniques et vitaminés, et avec sa copine la cannelle pour réchauffer les coeurs. Pas encore convaincu? Un petit tour sur alorigineducidre.com devrait vous convaincre de ses vertus.

Sur des bonnes idées soufflées par Gilles le normand – que je ne saurais que trop remercier pour ses précieux conseils – et avec l’aide de ma belle-soeur pour tester, voici le premier cocktail à base de cidre qui a enchanté nos papilles.

Cocktail hivernal au cidre

5 cl de Calvados

1 demi pamplemousse pressé

1 cuillère à soupe de sucre roux

1 demi citron vert

1 pincée de cannelle en poudre

QS de glace pilée

QS de cidre brut

1. Frapper au shaker le Calvados, le jus de pamplemousse, de citron vert, le sucre, la cannelle en poudre et la glace pilée.

2. Verser sans dépasser la moitié du verre (verre à dégustation – sniffer – ou double old fashioned 55 cl – faute de l’un des deux verres à disposition, notre cocktail a fini dans un verre à Martini) le mélange et arroser de cidre brut. Servir avec un bâton de cannelle.

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Pourquoi se contenter d’une version quand on peut amener le cidre carrément hors des sentiers battus? J’entends déjà les sceptiques : du cidre chaud, et en plus, des jaunes d’oeuf! Le résultat est bluffant de gourmandise et requinquerait n’importe qui affrontant le terrible froid du moment. Un mélange de force (pour le whisky) et d’inénarrable douceur quand on se laisse aller à contempler la mousse sur le dessus du verre. A servir idéalement en guise de goûter pré-réveillon pour aiguiser la gourmandise ou de digestif post-repas de fêtes, pour redoubler de chaleur en famille au pied du sapin.

Cidre façon Irish Coffee

3 jaunes d’oeuf

4 cc de sucre en poudre (roux de préférence)

60 cl de cidre brut

8 cl de whisky irlandais (Irish whiskey)

2 cc de chocolat en poudre (type Poulain)

1. Battre les jaunes d’oeuf au fouet avec le sucre afin d’obtenir une consistance onctueuse.

2. Faire chauffer dans une casserole à feu doux, sans faire bouillir, le cidre brut, le whisky et le chocolat en poudre.

3. Verser petit à petit avec les oeufs battus en remuant sans cesse afin d’obtenir un mélange homogène.

4. Servir dans un verre type Irish Coffee. Saupoudrer de chocolat en poudre.

Sponsorisé par les Cidres de France

Le gâteau au chocolat et à la Guinness de Nigella Lawson

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ou le gâteau au chocolat aussi noir que ma colère… (qui a dit que la cuisine se faisait toujours de manière détendue et enjouée? La cuisine, champs des émotions, voilà plutôt comment je vois les choses)

Accepter que certaines questions resteront à jamais sans réponse.

Se rendre compte qu’on s’est vraiment, mais alors vraiment trompé.

Et puis se remettre devant les fourneaux et se dire que tout ça ne nous mettra certainement pas K.O., que la cuisine, même si elle a du mal à passer dans l’assiette en ce moment, reste un vrai espace de défoulement, de création, un terrain qui permet de respirer.

Et puis au lieu de se jeter impunément sur le chocolat ou de prendre un petit verre remonte-moral, décider d’un air satisfait qu’on les mariera tous les deux dans un gâteau dont la texture serait mousseuse, douce, et inciterait le visiteur imprudent à s’y vautrer entièrement dedans.

Mélanger les ingrédients avec une énergie sans pareille, et retrouver une odeur familière et réconfortante qui sort du four.

Ce gâteau, dont je gardais la recette depuis quelques mois déjà dans mon classeur, (parue dans le Red UK) a été une vraie libération à la réalisation. Et puis l’association bizarroïde Guinness et chocolat m’a tout de suite tapé dans l’oeil. Le cacao en poudre apporte cette coloration très noire et un goût de chocolat présent, mais qui sait aussi se faire subtil devant la bière. Je trouve que la Guinness se sent très peu, contrairement à ce que l’on pourrait penser, mais elle apporte en même temps une profondeur au chocolat, et un côté presque masculin au gâteau. La prochaine fois, j’essaierai de diminuer la dose de sucre quand même (oui, 400g, ça fait bondir!), mais ne sachant pas comment la bière allait marquer le gâteau, j’ai pour cette première version suivi la recette à la lettre. Je pense qu’on peut facilement enlever 100 à 150g de sucre selon les goûts.  J’attends  vos retours si jamais vous vous lancez dans la recette!

Assurément, une variante de gâteau au chocolat dont on aurait tort de se priver (Nigella propose par-dessus un glaçage à base de Philadelphia cream cheese et de crème double : j’ai décidé qu’on allait arrêter le compteur calorique au gâteau seul pour cette fois-ci!) .

Gâteau au chocolat et à la Guinness selon Nigella

250 ml de Guinness

250g de beurre doux

75g de cacao en poudre (type Van Houten)

400g de sucre en poudre (caster sugar)

140 ml de crème fraîche (à défaut de sour cream)

2 oeufs

1 cc d’extrait de vanille

275g de farine

2,5 cc de bicarbonate de soude

1. Préchauffer le four à 180°C. Beurrer et fariner un moule à manqué de 23 cm de diamètre.

2. Dans une casserole, mettre la Guinness et le beurre et faire fondre à feu doux. Quand le beurre est fondu, ajouter le cacao en poudre et le sucre. Mélanger.

3. Mélanger dans un saladier les oeufs et la crème puis les incorporer dans la casserole avec le reste de l’appareil. Incorporer la farine et le bicarbonate tamisés, mélanger vigoureusement.

4. Mettre le tout dans le moule et enfourner pour 45 minutes environ. Démouler et laisser refroidir.

Souvenir de Belgique : l’Irish Coffee

Certes, l’intitulé de ce billet peut sembler contradictoire. Cependant, c’est un doux souvenir pour moi que j’ai plaisir à partager avec vous aujourd’hui. J’ai dégusté le meilleur Irish Coffee de ma vie au coeur des Ardennes belges, un doux soir d’été il y a presque cinq ans de cela, sur une jolie terrasse et en très bonne compagnie.

Le père d’un de mes amis m’a conviée ce soir-là en cuisine pour l’assister alors que toute la table réclamait un Irish Coffee pour clôturer le repas en beauté. Je l’ai suivi bien volontiers. Cet homme avait été restaurateur auparavant, et c’est religieusement que je l’ai aidé à préparer les Irish Coffee, en suivant ses directives précises. J’avais trouvé cet Irish Coffee si délicieux qu’en rentrant en France, je n’ai eu de cesse de retrouver les fameux verres à Irish Coffee dans les magasins où je me rendais. A chaque fois, ma question était accueillie au mieux avec une mine contrite et désolée (« Non mademoiselle, je suis désolé, nous n’en faisons pas »), au pire, avec un haussement de sourcils consterné (« Les verres à Irish Coffee, ça ressemble à quoi? ») et j’avais beau m’échiner à expliquer la forme du verre en question, je ne tenais pas de piste valable et concrète. J’avais remisé ma quête au placard, un peu découragée, jusqu’à ce que ma passion pour la cuisine me rattrape et me conduise un jour chez A. Simon. C’est là que j’y ai déniché l’objet de mes rêves, enfin. Similaire à celui de mon si joli souvenir de Belgique. Et ces magnifiques verres sont en fait restés sagement dans mon placard pour n’être inaugurés… qu’aujourd’hui.

Cinq ans sont passés depuis cette merveilleuse dégustation, et le souvenir de la réalisation de l’Irish Coffee belge s’était également un peu émoussé dans ma tête. Cependant, je me revoyais dans cette cuisine en train de tourner à la petite cuillère dans chaque verre la cassonade et le whisky qui venait d’être chauffé à part doucement dans une casserole. Puis je me souvenais très bien de la consistance de la crème : pas exactement une chantilly, juste une crème fleurette aérée au fouet, mousseuse, mais encore fluide. Et je garde en mémoire ce grand monsieur, si impressionnant, en train de napper chaque verre de cette crème onctueuse, avec le dos d’une cuillère, et la crème, docile, en train de s’étaler lentement sur le café.

Dans mon souvenir, l’Irish Coffee n’avait pas d’étage séparé (division entre le whisky et le café que l’on rencontre si souvent dans les bars aujourd’hui), et j’avoue que je le préfère ainsi, mais j’ai essayé de le reproduire pour la forme, et le miracle est arrivé! Enfin, pour le premier verre seulement, parce que je n’ai pas réussi pour le second. En faisant quelques recherches sur Internet, j’ai compris que la réussite des étages séparés tenait surtout à la dose du sucre dans le whisky qui rend le liquide plus dense que le café. D’où, dans ma mémoire, le mélange méticuleux à même le verre du whisky chaud et de la cassonade.

C’est donc une savoureuse parenthèse qui a repris forme dans la cuisine cet après-midi, et que j’ai été ravie de pouvoir faire déguster à mon tour.

L’Irish Coffee des Ardennes belges

(proportions pour un verre, à multiplier selon le nombre de convives)

L’équivalent d’un demi-bol d’un excellent café

2 cuillères à café de cassonade

6 cuillères à soupe de whisky

Pour la crème :

20 cl de crème fleurette entière bien froide

QS de cassonade

1. Monter la crème et le sucre comme une chantilly, au fouet, et s’arrêter quand la texture devient mousseuse mais encore liquide.

2. Dans une petite casserole, faire chauffer doucement le whisky pour faire évaporer l’alcool au maximum. Verser la cassonade dans le verre, puis le whisky, et mélanger jusqu’à ce que le sucre soit dissous.

3. Verser ensuite lentement le long de la paroi du verre le café chaud, en s’aidant du dos d’une petite cuillère pour que le café rentre doucement en contact avec le whisky (soit le whisky sera plus dense et la séparation se fera facilement, soit les deux se mélangeront mais au goût il sera toujours aussi bon!)

4. Procéder de la même manière avec la crème fouettée avec le dos d’une petite cuillère. Servir sans attendre et vous pourrez observer alors à loisir les merveilleuses traces irisées de la crème en train de fondre dans le café!