L’or de Sauternes et Barsac : les vins de château Climens et château Guiraud

Les vignes se couvrent d’or avec la lumière rase du dimanche matin.

Il se passe de jolies choses dans le vignoble de Sauternes et Barsac. C’est ce que j’ai pu constater ce weekend à l’occasion des journées portes ouvertes où 48 châteaux ouvraient leurs grilles aux visiteurs afin d’échanger avec eux sur leur savoir-faire et sur les arômes de ces vins magiques et dorés.

La légende familiale veut que mon frère ait goûté très petit une goutte de Sauternes : il en aurait tiré une mimique caractéristique qui aurait fait rire la table entière, tant il avait apparemment envie d’en déguster un peu plus. C’est il y a deux ans que j’ai pu en apprendre plus sur les Sauternes, toujours au travers de Jeudivin. Ce soir-là, Pierre Guigui nous présentait une sélection de Sauternes. Je n’ai pu me défaire de la très belle impression que m’ont laissée trois d’entre eux ce fameux jeudi. Parmi ces vins, les châteaux Climens et Guiraud, dont j’ai pu enfin franchir les grilles ce weekend (le troisième ne participait pas aux portes ouvertes).

Et je n’ai pas été déçue, loin de là. Même mieux que tout ça, quand j’ai découvert avec ravissement Continuer la lecture

Retour sur le Salon du Blog Culinaire et accords mets-vins sur le marché de Soissons

Ce weekend a signé mon grand baptême du Salon du Blog Culinaire à Soissons. J’avais eu des échos très positifs de l’ambiance et de l’énergie qui y régnaient. Après ces deux jours au coeur de l’événement, rarement le mot « communauté » n’aura eu autant de sens à mes yeux : 450 blogueurs réunis dans un enthousiasme contagieux à échanger autour de la gastronomie, reflex en bandoulière dans différents points de la ville. Des recettes succulentes qui se succèdent, des apprentissages de techniques (et vive la découpe du tourteau qui n’a plus de secret pour moi !), des visages retrouvés avec plaisir, d’autres rencontrés avec tout autant de joie… J’ai été très heureuse de cette quatrième édition, la première pour moi donc.

Mon défi de cette année : avec les recettes de Pascale, j’ai proposé samedi matin au marché de Soissons deux vins que je trouvais tout à fait sympathiques pour des accords mets-vins. Si ceux-ci sont rarement magiques (et je n’en ai connu que deux ou trois pour l’instant), on peut néanmoins tenter des choses qui fonctionnent bien, en évitant certains pièges. Et le blanc avec le fromage, ça fonctionne ! La preuve en deux exemples :

Crédit photo : Pascale Weeks

Avec les petits roulés roquefort/figue/noix de pécan, on part dans la Loire, avec un chenin qui développe une belle maturité dans le verre. C’est le domaine Briseau – photo prise avec mon Iphone, c’est moins joli mais au moins vous aurez l’étiquette ! – qui a fait mon bonheur (Le Briseau 2009) : élégant, droit, des fleurs et une note de petite poire confite qui n’avait d’ailleurs pas déplu à Laurent et Eva (oui, tant qu’à faire, on teste avant si on a un peu de temps !), il tient bien la corde face au roquefort. Nous avions trouvé ce soir-là qu’il était bon de déguster la petite bouchée d’abord, pour passer ensuite au chenin, afin que le roquefort n’écrase pas les arômes du vin. Un vin fort plaisant, fruit d’un vigneron, Christian Chaussard, installé depuis une dizaine d’années seulement sur ce domaine, ayant fait ses classes dans le Vouvray, et passionné par le chenin. Pour ne rien gâcher, Christian Chaussard est un vigneron engagé, travaillant en biodynamie. Si vous souhaitez en apprendre plus à son sujet, je vous conseille l’excellent billet de mon camarade de Jeudivin, Bertrand Celce.

Crédit photo : Pascale Weeks

Avec les tapas de poire pochée au vin blanc/gingembre/anis étoilé et roquefort, j’avoue avoir dégluti plusieurs fois devant la complexité de l’accord. Il s’agissait de réconcilier un peu le tout : la force du fromage, le sucré de la poire et les épices… Qui dit épice dit… gewürztraminer ? Oui, mais alors un grand, un beau, un qui laisse de la fraîcheur en bouche en finale, histoire de ne pas plomber les papilles avec trop de sucre. Pas besoin donc de vendanges tardives, et c’est sur la cuvée Béatrice 2005 de Christian et Audrey Binner que j’ai jeté mon dévolu. Le nom de cette cuvée est celui de la soeur de Christian, si j’ai bien saisi. Le domaine Binner est un domaine-phare en Alsace (depuis 1770 !), avec une éthique forte sur le respect de la nature également. Personnellement ce vin m’a vraiment réconciliée avec les vins alsaciens. D’ailleurs, ils seront au Salon des Vignerons Indépendants porte de Versailles à partir du 24 novembre, il se pourrait fort que j’aille découvrir le reste de leur gamme…

Je pense qu’on aurait aussi pu mettre sur cette recette de Pascale un Sauternes, comme ceux que j’ai goûtés récemment chez Jeudivin, qui s’accordent très bien avec le sucré-salé et avec la cuisine épicée.

A la question qui revenait souvent sur les lèvres à savoir « Où se vendent ces vins ? », je les ai trouvés aux caves Augé mais il ne faut pas hésiter à échanger avec son caviste sur les vins que l’on cherche, c’est souvent là que l’on trouve de jolies pépites !

Le temps nous a manqué pour échanger avec tous les curieux, amateurs ou passionnés, venus assister à notre démonstration mais je reste ouverte à toute suggestion sur d’autres vins car en matière d’accords mets-vins, il n’existe pas de solution unique, heureusement ! N’hésitez pas à laisser vos idées dans les commentaires.

Et je tiens à remercier chef Damien, et toute l’équipe de 750g.com pour la belle organisation de ce weekend chargé en souvenirs !

Les blogueurs culinaires et le vin #1 : Pascale Weeks

On les connaît plus souvent pour leurs recettes divines et délicieuses, mais que sait-on de leurs goûts pour le vin ? Cela faisait longtemps que je voulais sonder quelques blogueurs culinaires de mon entourage à propos de leur parcours initiatique en la matière. Ma première invitée, c’est Pascale Weeks. Après nos goûters chics, voilà donc un exercice d’un genre différent ! Pascale est aussi un peu ma « marraine » dans le vin puisque c’est grâce à elle que j’ai rejoint Jeudivin, étape qui a signé mon début de passion pour les vins et tout ce qui s’y rapporte. J’espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à lire ses réponses ! Où il est question de transmission entre amies, de tomates fumées et de nez de beurre frais…

1/ A partir de quand as-tu commencé à t’intéresser au vin et en quelle occasion ?


J’ai bu mon premier verre de vin vers 22 ans mais c’est véritablement à 30 ans que j’ai commencé à m’y intéresser, le jour où j’ai commencé à acheter du vin toute seule. Je me souviens d’avoir été perdue la première fois que j’ai dû acheter du vin pour des amis qui venaient diner à la maison. Une amie à moi, Françoise m’a beaucoup aidée. Ensuite, j’ai pris l’habitude de poser des questions aux cavistes et surtout à me souvenir des vins que j’aime.

2/ Es-tu plutôt blanc, rouge, rosé ou bulles ?

A 46 ans, j’ai encore du mal avec les bulles mais j’ose enfin refuser une coupe de champagne pour demander un verre de vin quand c’est possible. Au départ je ne buvais que du rouge et je n’appréciais même pas le vin blanc. Aujourd’hui, mes vins préférés sont des vins blancs et comme pour le chocolat noir et le chocolat au lait, j’ai des moments « vins rouges » et d’autres « vins blancs », selon mon humeur. J’ai encore un apriori avec les vins rosés et ce n’est jamais un vin que j’achète ni ne commande dans un restaurant, même si je reconnais qu’il m’est arrivé d’en boire des bons. Je dois être un peu snob, je pense !

3/ Ta plus belle émotion autour du vin… pourrais-tu nous en parler ?

C’était il y a environ 1 an. Cela faisait un moment que j’entendais parler de ce nez de beurre frais que peuvent avoir certains vins blancs. Je pensais que c’était un truc de sommelier. Et puis un jour, durant une soirée dégustation, j’ai enfin senti ce nez dans un verre de Bourgogne de Joseph Drouhin (Puligny 1er cru Clos de la Garenne 2007). J’étais très émue, j’avais envie d’en parler aux gens autour de moi mais je ne connaissais personne.

4/ Quel est l’accord mets-vins le plus réussi que tu as pu réaliser ou tester à ce jour ?

J’avoue ne pas consacrer toute l’énergie nécessaire à mes accords mets et vins à la maison et je le regrette. En revanche, je me souviens très bien d’un accord mets et vins chez Spring, un restaurant parisien. C’était une entrée avec des tomates fumées et le goût des tomates fumées se mariait particulièrement bien avec un Crozes-Hermitage blanc 2007 de chez Marc Sorrel. La tomate faisait ressortir le coté fumé du vin et vice-versa.

5/ Y a-t-il une bouteille que tu recommanderais sans hésitation à tes proches ?

Conseiller une bouteille de vin, c’est comme conseiller un livre ou un film, je trouve toujours cela très difficile car nous avons des goûts et des attentes différents. Mon vin préféré est le Condrieu, découvert complètement par hasard il y a quelques années. Du coup, si vous aimez le Condrieu, j’aurai tendance à conseiller ceux d’André Perret que j’ai eu l’occasion de goûter il y a un an.

J’ai testé pour vous : L’Avis du Vin, le magazine digital sur le vin du Figaro

J’ai un cahier des charges bien complexe dans mon initiation au vin. Je suis particulièrement demandeuse d’information claire et précise, mais aussi pas trop compliquée et accessible. Un paradoxe bien des fois surtout, qui fait que je jongle entre mon petit cercle oenologique Jeudivin, romans, mangas, ouvrages pédagogiques, guides, conférences et bien sûr les blogs, pour essayer de me frayer un chemin dans ce monde que je trouvais un peu fermé au début.

L'Avis du Vin

Et voilà qu’arrive un site prometteur… En septembre, le Figaro va sortir un magazine digital sur le vin : l’Avis du Vin. Inutile de dire que Virginie Clève – responsable projets – , Sophie Berguin – responsable web éditorial – et leurs équipes travaillent d’arrache-pied depuis des mois pour faire de ce projet une réussite, en étroite collaboration avec Bernard Burtschy, le « Monsieur Vin » du Figaro.

Alors quand j’ai eu l’opportunité de tester la version bêta de l’Avis du Vin, j’étais trop heureuse de voir si le site allait enfin me parler de vin d’une façon plus complète et plus abordable. En clair, est-ce que ce nouveau magazine digital allait adopter un angle beaucoup plus ouvert que ce que j’avais pu voir précédemment ? Après avoir navigué un peu partout sur le site, voilà ce que j’en ai retenu :

  • L’Avis du Vin évite les clichés du genre. Et cela se traduit d’abord dans le graphisme : ni barrique, ni grappe de raisin, ni tire-bouchon… Sans trahir le site, je me suis retrouvée dans un design relativement moderne et sobre, sans connotation masculine marquée. Bref, en tant qu’amatrice féminine, je me suis sentie très à l’aise dans cet univers.
  • D’un tel site, on attend en général une partie encyclopédique fournie et solide. Pour éviter de me replonger dans les guides pour un cépage ou un mot du vin, là, je devrais avoir tout à portée de main, et c’est bien commode.
  • La dimension ludique du vin n’est cependant pas en reste : les vidéos « Un verre avec… » du Figaro ont été intégrées bien sûr, aux côtés de petits questionnaires/sondages fort sympathiques, et la possibilité de laisser des commentaires et d’interagir avec la plateforme (notamment au travers des blogs de ce que j’ai pu échanger avec Virginie et Sophie et de ce que j’ai pu apercevoir sur le site). Les outils laissent une part importante au dialogue avec l’internaute, et derrière l’écran, il est peut-être plus facile de poser des questions plutôt que devant les producteurs (ils me paraissent toujours très intimidants au premier abord). La possibilité enfin, comme sur tous les sites (mais cela manquait à ceux sur le vin je trouve), d’avoir un profil personnalisé : on est un peu comme à la maison, et ça, ça change !
  • Le côté pratique : des conseils rapidement accessibles, synthétiques, des solutions efficaces en termes d’accords mets-vins si comme moi, vous patinez toujours sur la question. Un autre point qui me faisait soupirer de découragement avant : plus besoin d’aller sur l’ami Google pour chercher où dénicher sa bouteille, des liens seront proposés vers les sites parlant de la bouteille qui vous fait très envie derrière votre écran (bon, je pense que pour les petites pépites introuvables, il faudra toujours s’appuyer sur nos cavistes fétiches ou nos adresses secrètes et heureusement d’ailleurs, il y a de la place pour tout le monde, mais je trouvais dommage que chaque bouteille s’apparente avant à la chasse aux trésors). Et la bonne surprise : enfin un agenda rassemblant les événements viti/vinicoles par région pour ne plus rien louper des belles rencontres autour du vin et aller droit à l’essentiel !
  • Une partie magazine (en général, c’est l’actualité du vin que je préfère) à la pointe sur ce qui bouge dans le monde du vin, vivante et très intéressante.

Deux petites choses toutes personnelles que j’aurais aimé retrouver dans le site (mais il n’est peut-être pas trop tard ?) :

  • Pour le rat de bibliothèque que je suis et que je reste, une courte rubrique mensuelle sur une sélection des meilleurs nouveaux livres autour du vin. C’est possible ça ?
  • Et parce que j’aime toujours découvrir de nouveaux endroits, des bonnes adresses en termes de bars à vins sur toute la France.

Je pense vraiment que l’Avis du Vin s’adressera autant aux oenophiles avertis qu’aux débutants. Il a aussi le mérite de synthétiser plusieurs contenus que je trouvais avant de façon dispersée sur la Toile. Le monde du vin semble plus ouvert, dépoussiéré, plus accueillant aussi, peut-être un brin moins élitiste et intimidant. Il donne vraiment envie d’aller plus loin et pour paraphraser Hélène Lazareff au sujet du magazine ELLE en 1945, gageons que ce magazine digital « ouvrira les appétits ». Rendez-vous en septembre !

Il en parle aussi avec enthousiasme : le billet de Bourgogne Live.