Ils pique-niquèrent, burent heureux, et promirent de se retrouver l’année prochaine!

Jeudi soir dans le bois de Vincennes, une bande de joyeux drilles se retrouve dans une chaleur moite de fin de journée et étend quelques serviettes pour enterrer dignement une année de découvertes oenophiles. Elle a été belle, cette première année pour moi chez Jeudivin! Dans le désordre, des vins libanais, corses, berrichons, portugais, des côteaux du Vendômois et j’en oublie, mais toujours cette soif d’apprendre, de découvrir et… de goûter bien sûr!

Quoi de mieux qu’un pique-nique de fin d’année pour ouvrir quelques (très) bonnes bouteilles : j’avoue avoir eu les papilles en émoi, les sens en extase, et je n’aurais pour rien au monde échangé ma place, ce jeudi soir, jusqu’à la tombée de la nuit. Durant cette soirée à l’atmosphère surréaliste, tire-bouchons, verres qui tintent et éclats de rires qui fusent ont ponctué cette ambiance hors du temps. C’était un peu une ligne d’arrivée qu’on franchit tous ensemble, une fin de course qui en appelle d’autres tout aussi prometteuses, la joie de se retrouver je crois, vraiment.

Durant cette soirée, un Condrieu d’exception (signé André Perret) a notamment bouleversé ma conception des blancs, et je suis très heureuse de l’avoir découvert assise au milieu d’un carré d’herbes folles : ce vin aura désormais pour moi le goût des jours heureux, des soirées bucoliques, des grands moments entre copains où l’on célèbre les dernières lueurs du soleil. Oui, ce vin-là aussi, il faut que je le retrouve, pour le faire connaître à mon entourage.

Notre petit cercle est aussi un vivier d’excellents cuisiniers et fins gourmets : mon coeur a balancé entre la salade de carottes, orange et coriandre parsemée de noisettes, cette terrine de lapin fondante, ces jolies quiches encore tièdes et cette salade originale mangue-mozzarella. Ou pourquoi pas ces raisins humides et frais qui batifolent sur quelques feuilles d’un vert bien tendre?

Puisque la saison des pique-niques est ouverte, pendant que vous lirez ce billet, je serai sûrement à mon deuxième pique-nique de la semaine, celui des bloggueurs, en espérant que le temps sera aussi de la partie!

A l’année prochaine, Jeudivin!


Le choix de l’amoureuse : la roussette du domaine Genoux

Un coup de foudre ne s’explique pas…

Bien m’en a pris d’écrire à Yann Pernuit à propos de sa roussette. Il faut dire que Mercotte la bonne fée était passée par là et m’avait soufflé à l’oreille le nom de cette magnifique bouteille. J’en déduis qu’on a très certainement les mêmes goûts en vins!

Deux Roussettes étaient au programme de ma présentation sur les vins savoyards chez Jeudivin jeudi soir dont vous trouverez le compte-rendu sur le blog de Jeudivin ici. Avec un nom comme le mien, il était difficile de renier mes origines!

En comparaison sur le même cépage Altesse ont donc été proposées :

  • « Les Grandes Jorasses 2008 », roussette du domaine Belluard, trouvée aux caves Augé.
  • « Son Altesse 2008 », roussette du domaine Genoux, trouvée  – grâce aux conseils de Mercotte et aux indications de Yann Pernuit – chez son agent à Paris.

J’ai longtemps cherché comment je pouvais vous parler de ces deux vins… Disons que c’est comme si l’on se retrouvait avec deux excellents partis en face de soi, affichant tout les deux de solides références sur leur CV pour vous séduire. Les deux domaines sont en biodynamie ou en passe de le devenir totalement, du 100% cépage Altesse dans le verre, même millésime…

C’est d’abord sur le référencement que la première différence est notable, du moins à Paris. On trouve les « Grandes Jorasses » aux caves Augé à Paris : c’est un peu comme si notre bon parti n°1 affichait une référence pour les vins naturels digne de Polytechnique,  une fabuleuse carte de visite. Classé parmi les 20 meilleurs vins bio par le site meilleursvinsbio.com, on ne peut que hocher la tête d’un air admiratif.

A côté, « Son Altesse », c’est le bon parti discret. Notre bon parti n°2 se trouve à la table des grands restaurants, mais reste plutôt discret sur sa communication. Tout aussi solide dans ses gages de qualité, mais il ne sort pas de Polytechnique, lui. C’est son nom qu’on se recommande de façon confidentielle, et à la rencontre duquel on va, quelque part dans un appartement du 13ème arrondissement parisien.

Devant deux excellents partis, forcément les têtes tournent. Les « Grandes Jorasses » offrent un nez digne de la course mythique qu’il évoque : compoté, des notes d’épices à foison, un parfum qui emporte loin, façon Premier de Cordée. « Son Altesse » se fait plus discrète au nez, mais les frissons annoncés par l’agent de Yann Pernuit suivent. Le coeur qui bat un peu plus vite ne trompe pas, et les yeux autour de la table brillent de contentement. Je découvre cette jolie finale douce et salée, cette sensation de netteté en bouche. Son côté rond et croquant. Un vrai coup de coeur. C’est le choix de l’irraisonné et de l’irrationnel, celui  de l’amante qui se laisse emporter par la passion qui la dévore.

Les deux roussettes m’ont vraiment plu, même si mon coeur a battu plus fort pour Son Altesse.  Et hop! Un troisième vin qui mérite aussi de figurer dans mon embryon de cave!

Vins de Savoie, teasing #2 : A Genoux devant son Altesse!

Rendez-vous pris chez un formidable agent de vigneron (l’occasion pour moi de découvrir un métier dont je ne soupçonnais même pas l’existence, en plus). Deux codes d’entrée plus tard et une rencontre avec une femme charmante et passionnée qui m’explique qu’à la dégustation, cette roussette lui donne des frissons. Une impatience grandissante avant de découvrir ce vin… Quel jeu de piste pour cette sélection!

Merci Mercotte!

Un été en… gris (Bodin)!

Non non, ce titre n’est pas le reflet d’une humeur maussade, loin de là. Mais il faut que je vous fasse partager mon coup de coeur pour le Gris Bodin de Patrice Colin, dont je vous avais donné un avant-goût ici.

Le hasard fait parfois bien les choses. Deux semaines avant que je ne parte me mettre au vert, nous avons dégusté avec Jeudivin les vins de l’AOC des côteaux du Vendômois. Des vins légers mais fruités, de ceux qu’on aime à savourer entre amis. La séance est pleine de promesses, jusqu’à ce que je tombe en arrêt devant le gris de Patrice Colin. Tout d’abord, petite leçon de vocabulaire sur le gris (dont la couleur rosée ne laisse quand même pas deviner que c’est un gris n’est-ce pas?) : les gris sont des vins obtenus en laissant peu de temps en contact pulpe et pellicule rouge du raisin. On récupère le jus légèrement rosé qui s’écoule et on opère une fermentation en phase liquide (source : Le Petit Larousse des Vins). Une histoire de macération donc, comme me l’avait déjà expliqué mon amie Aurore. Nous voilà donc rassurés sur les origines de ce vin (personnellement je n’avais jamais goûté de gris auparavant).

Bodin, ensuite. Georges Colin, grand-père de Patrice Colin, a planté ces vignes au lieu-dit « Bodin ». Les vignes de ce gris sont donc les vignes de Pineau d’Aunis du grand-père, plantées… en 1920! Il y a donc aussi une histoire de famille dans ce vin, très bien résumée sur l’étiquette (j’ai trouvé cela très touchant d’ailleurs, ce petit morceau d’histoire familiale derrière une bouteille et cela rapproche encore un peu plus du producteur).

Le gris Bodin dégusté ce soir-là a séduit beaucoup d’entre nous. Un nez floral, une bouche fruitée qui appelle l’été, les melons et le barbecue (hem… pas cette semaine on dirait…). Bref, dans le verre, une convivialité étonnante. Elle l’est moins quand on sait que Patrice Colin aime faire ses vins pour pouvoir manger avec (voir le billet de Marise et son interview de Patrice Colin sur son blog ici).

Ce qui m’amène tout naturellement à l’homme derrière ce vin, que j’ai eu la chance de rencontrer tout à fait par hasard quinze jours après notre dégustation. Un homme d’une gentillesse et d’une authenticité rare, qui nous a fait goûter également son Vendanges Tardives (excellent d’ailleurs). 2009 s’annonce apparemment comme une année exceptionnelle : en témoigne effectivement la couleur du gris dans le verre, très concentrée (plus que sur le Gris 2008 par exemple auquel j’ai pu le comparer). Si je sais qu’il accompagnera mes déjeuners estivaux, Patrice Colin nous apprend également que son gris fonctionne en parfaite harmonie avec les plats exotiques. Une autre piste à explorer donc.

Inutile de vous dire que j’ai fait mon petit stock pour cet été (la bouteille est à 4,90 euros , de quoi se faire plaisir) et que je suis bien heureuse d’avoir un vigneron qui produit des vins d’aussi belle qualité à proximité. L’été sera donc gris, pour mon plus grand bonheur!

Patrice Colin
5, impasse de la Gaudetterie
41100 Thoré-la-Rochette
Tél : 02 54 72 80 73
Site : www.patrice-colin.fr