Le houmous qui fait voyager

Houmous, hoummous, houmos et j’en oublie sûrement. Un mets dont l’orthographe se décline à toutes les sauces, ça pique d’emblée la curiosité! C’est pourquoi j’ai été ravie de le redécouvrir lors de notre séance sur les vins libanais et israéliens chez Jeudivin il y a deux mois. Nous aimons le vin certes, mais c’est encore mieux si les plats sont en accord avec la thématique du jour.  Et le houmous de Carole ce soir-là m’a tellement plu que je me suis empressée de lui demander la recette. J’ai depuis refait cette recette plusieurs fois. J’ai dû seulement adapter les proportions en fonction de la taille du bocal que j’ai trouvé dans ma boutique bio. Depuis, ce houmous fait la joie des repas familiaux en guise d’apéritif (il faut observer du coin de l’oeil mon frère se resservir en douce : là je sais que j’ai tout bon!).

Alors oui, même si le houmous affiche un joyeux 382 kcal au compteur (pour 100 grammes – gloups…), ne le boudez pas trop vite. Le pois chiche contient des fibres et de l’amidon bénéfique pour la flore intestinale et est riche en protéines végétales. Il est en outre recommandé pour les personnes qui souffrent de diabète et aiderait à réduire le taux de cholestérol. Point d’orgue de la recette : sa rapidité d’exécution. Cinq minutes au mixeur et vous voilà prêts à voyager.

Et si vous avez la chance comme Carole de posséder une merveilleuse huile d’olive, versez-en un filet dans le plat, sur la préparation, au moment de servir. La finesse et l’équilibre des saveurs vous feront revenir au bol le plus naturellement du monde. Di-vin, je vous dis!

Merci Carole pour ce beau partage!

Houmous de Carole (adapté)

Pour 6-8 personnes/1 grand bol

1 bocal de pois chiches (394g poids net égoutté de mémoire)

2 cs de crème de sésame (tahiné)

Le jus d’un citron

1 gousse d’ail

2 cs d’huile d’olive (+ QS au moment de servir)

1. Mixer le tout dans un petit robot (Voilà! C’est déjà fini!)

2. Réserver au frais éventuellement (si le mélange a un peu durci, le détendre avec un tout petit peu d’eau), puis verser un filet d’huile d’olive au moment de servir. A déguster joyeusement! (Vous m’en direz des nouvelles!)

Réflexions d’une jeune oenophile – épisode 3 : une histoire de vins portugais mais surtout de pastéis de nata

Crédit photo : Pascale Weeks

Jeudivin, ma bulle, ma société secrète… Fin février, dégustation des vins portugais. Pour l’occasion, j’avais décidé de ramener à notre groupe des petites douceurs locales. Je me souvenais de la recette de Saveurs sur les pastéis de nata mais aussi que Cléa les avait tentés, avec des photos plus qu’alléchantes

La veille de notre réunion, en sortant mes pastéis du four, mon regard est allé de la photo sur mon ordinateur à mon plateau : déception! Sur le blog de Cléa, je voyais des petites choses blondes voire dorées, rebondies à souhait, parfaites sous tous les angles et sous mes yeux, j’avais mes petits gâteaux tout retombés, comme fatigués, qui faisaient très pâle figure! L’erreur est sans doute venue de mes moules à muffins que j’ai foncés avec trop peu de pâte pour une hauteur correcte… De colère, j’ai failli tout mettre à la poubelle. Et puis je me suis ravisée…

Crédit photo : Pascale Weeks

Apparemment j’ai bien fait, car ils ont été très appréciés pendant la dégustation (même si je détestais toujours leur allure). Et Pascale m’a offert un chouette cadeau, puisqu’elle en a ramené deux chez elle, qu’elle a photographiés et mis en valeur comme je n’aurais su le faire. Un geste qui m’est allé droit au coeur. Avec pour bonus le fait de savoir que j’avais aussi régalé sa fille!

Et nos vins portugais alors, qu’en est-il sorti? Philippe a brillamment mis en valeur les terroirs du Portugal, et nous a présentés plusieurs vins, en excluant les clichés qu’étaient le vinho verde, le porto et le madère. Un panaché de vins blancs et rouges dont une déclinaison du Duas Quintas dans les deux catégories (rouge et blanc). Malheureusement pas de coup de coeur pour moi ce soir-là sur les vins, mais il faudra que je vous parle très bientôt des vins libanais et israéliens dégustés tout récemment… des merveilles de délicatesse, dont j’espère ramener quelques exemplaires dans ma cave.

A suivre!

Réflexions non-académiques d’une jeune oenophile – épisode 2 : un jeudi soir sur la Terre


Episode 1 ici. Jeudi 28 janvier. J’ai très envie de les défendre, ces Montagne Saint-Emilion, de les présenter sous leur meilleur jour.

La dégustation de ce jeudi soir se déroule comme suit (à l’aveugle pour mes camarades) :
– Château La Bergère, 2006
– Château Moulin Noir 2004
– Château Corbin 2005
– Château Cormeil-Figeac 2004 (Le fameux piège proposé par Pierre! Le Saint-Emilion Grand Cru!)
– Vieux château Saint André 2004
– Château Maison Blanche, cuvée Louis Rapin 2001

Marise parle des vins beaucoup mieux que moi pour la dégustation, donc je vous renvoie sur son blog. Ce qui suit rassemble des impressions d’une néophyte en la matière : j’espère que les puristes me pardonneront.

Ce que je retiens de cette recherche et de cette dégustation : les Montagne Saint-Emilion restent quand même plus accessibles en termes de prix que leurs voisins les Saint-Emilion (les prix variaient d’une dizaine d’euros à une quarantaine d’euros sur la table ce soir-là), et n’ont rien à leur envier dans certains cas! Chaque bouteille a été pour moi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les méthodes de vinification et la philosophie des vignerons qui donnent naissance à ces vins.

Petit tour de table après les deux premières bouteilles : les préférences sont très partagées. La moitié du groupe a le coeur qui penche pour le château La Bergère – une dominante de fruits rouges assez nette -, l’autre – dont je fais partie – opte pour la rondeur et la souplesse du château Moulin Noir, médaille d’or au Concours Général Agricole 2006 quand même! Le château Corbin déclenche des oh! et des ah! : c’est un 2005, grande année dans le bordelais, et toute la générosité du millésime s’offre sans retenue dans le verre. Beaucoup de volupté pour 20 euros que je trouve bien mérités… pourquoi pas dans ma future cave, si les vins à déguster qui suivent ne remportent pas ma faveur mais j’en doute.

Le piège qu’est le Cormeil-Figeac dans la dégustation ne trompe personne chez Jeudivin : une note plus vive, plus végétale qui, paradoxalement, souligne encore mieux ce que j’avais lu avant cette dégustation, à savoir une certaine singularité commune aux Montagne Saint-Emilion. Je suis contente que ce vin ait été démasqué à l’aveugle par mes camarades, et me promet de me pencher dans mes futures recherches personnelles sur le terroir des Saint-Emilion plus tard.

Viennent mes deux coups de coeur…

Le Vieux château Saint André est à l’origine d’une rencontre singulière avec monsieur Berrouet, par téléphone. Monsieur Berrouet, qui est l’ancien maître de chai de Petrus, est d’une accessibilité rare, d’une gentillesse désarmante, et il est tout bonnement fascinant de l’entendre parler de son vin, dont il s’occupe avec son fils. En l’écoutant, j’y suis presque, au milieu de son merlot et de ses vieux pieds de cabernet franc, au coeur de ses 6,5 Ha. Avant d’ouvrir la bouteille, c’est bien simple : j’étais déjà sous le charme du vin. Et quand on a eu le privilège de parler avec le producteur, je trouve très intéressant de confronter les images et les attentes que l’on a placées dans le vin avec le moment de la dégustation. Et là, le Vieux château Saint André s’est avéré tenir toute ses promesses. Pour moi, le Vieux château Saint André est à l’image de son producteur : d’une finesse ciselée, d’une élégance classique mais irréprochable. Pascale me souffle que c’est « ce qu’elle attend d’un Bordeaux », et ça me parle. Je n’ai qu’une envie : collectionner tous les millésimes dans ma cave afin de pouvoir les comparer. Les décliner sur toutes les variations « rôties » possibles (viande, volaille et poisson!) car leurs notes caramélisées et torréfiées se marient bien avec ce vin. J’espère bien visiter la propriété un jour!

Le dernier est tellement singulier, à part, que la place de « note finale » à la dégustation lui revient de droit. Expédié tout droit de sa propriété par l’intermédiaire de mon « coach » pendant cette quête, Le Château Maison Blanche, cuvée Louis Rapin (mon « p’tit Louis » : oui je sais, je suis devenue dingue, à donner des noms à mes vins! En réalité, Louis Rapin est un hommage au grand-père de Nicolas Despagne) ne s’aborde pas de la même façon que les autres. Une micro-cuvée de 3 Ha seulement, un assemblage 100% merlot qui suscite la curiosité. Il résume à lui seul la philosophie d’un producteur engagé – Nicolas Despagne -, attaché au respect des traditions, qui ne produit que des vins de garde, dans la grande tradition des Bordeaux. Louis Rapin sort de l’ordinaire : Jeudivin y a senti des notes mentholées mais aussi de noix, et la rusticité de vin s’exprime dans toute sa splendeur en bouche avec une finale relativement longue.

Verdict Jeudivin : Louis Rapin arrive en tête à l’unanimité (pas très impartiale, je lui préfère le Vieux château Saint André), la suite du classement se joue entre le château Corbin et le Vieux château Saint André. Une certitude acquise en cette belle soirée : découvrir en vrai ce terroir et ses producteurs!

Réflexions non-académiques d’une jeune oenophile – épisode 1 : à la découverte des Montagne Saint-Emilion

Je risque de plus en plus de parler vins sur ce blog et pour l’occasion, je leur crée une petite catégorie rien que pour eux, tiens. Ma relation au vin est loin d’être évidente, c’est comme une relation amoureuse qui s’étoffe avec le temps.

Avant de découvrir les petites merveilles que je pouvais voir passer dans les repas familiaux, j’ai pendant longtemps affiché un petit air renfrogné devant les bouteilles de Bordeaux à la maison. « Je n’aime pas le vin rouge : trop amer », a longtemps été ma phrase échappatoire. Je ne refusais pas un verre de vin blanc, mais la démarche était plutôt dénuée d’intérêt.

Hiver 2003-2004/Montréal. « Allez viens, ce sera sympa, la tournée des vignerons québécois! » Mouais… Sortir par ce froid polaire, il faut le vouloir, et pourtant, les vins de glace pour se réchauffer par -30° dehors, je n’ai jamais trouvé mieux depuis! Une magnifique journée synonyme de convivialité, de rires, et de surprises : il me semble que j’ai gardé un petit verre de dégustation siglé l’Orpailleur, en souvenir.

Eté 2004/Bruxelles. Une initiation aux Bordeaux par… des Belges! « Je sais que tu n’aimes pas les vins rouges parce que tu les trouves amers, mais goûte celui-là, s’il-te-plaît » a été la petite phrase déclic : y a-t-il plus belle invitation à tenter de redécouvrir ce qu’on avait longtemps esquivé? J’ai tellement aimé ce que je découvrais, à l’époque, que j’ai eu le réflexe de tourner la bouteille pour voir qu’il s’agissait d’un Saint-Julien. Je ne me rappelle ni du nom de la propriété ni du millésime malheureusement, mais l’émotion est encore là, six ans après. Pourquoi là et à ce moment précis, je ne sais pas, toujours est-il que ce jour a scellé entre les vins et moi le début d’une vraie histoire.

Un soir de novembre dernier. J’ai rejoint le groupe Jeudivin grâce à Pascale, car j’ai très envie d’apprendre à parler du vin. Problème : c’est moi qui vais devoir présenter la prochaine séance et j’ai envie de disparaître sous la table. Faire honneur à mes racines bordelaises, ok, mais ce sont des vins si prestigieux! Pierre à ma gauche me glisse : parle des Montagne… Des quoi? Mon exposé commençait bien! Et tu glisses un Saint Emilion dans la dégustation, en guise de « piège ». Gloups, sacré challenge…

Janvier 2010. J’ai commencé ma quête dans un froid parisien à vous geler sur place. Première déconvenue chez les cavistes : les Montagne Saint-Emilion se font rares! Un oiseau rare, qui se cache, qui ne rentre pas dans le « standard de la demande », c’est que ça doit se mériter finalement, non?

Ce qui est bien dans une recherche sur les vins, c’est la pelote de laine que l’on déroule et qui nous ouvre toujours d’autres champs à explorer : en glanant des informations auprès des cavistes par exemples, jamais avares de bons conseils mais surtout de noms de châteaux à recommander. C’est un peu un jeu de pistes, la chasse au trésor et j’adore ça! Quelques errances dans Paris plus tard (avec notamment une petite session « perdition » du côté de la rue… Beaujolais, ça ne s’invente pas!), je les ai réunies, les fameuses bouteilles.

Jeudi 28 janvier. Je songe à mon grand-père bien sûr, à Loïc, si patient et si pédagogue dans mon apprentissage de la culture du vin, et à Georges, Hervé et Gérald qui m’ont fait aimer les vins rouges et tout ça me fait sourire. Je pense à ce grand monsieur avec qui j’ai eu le privilège de m’entretenir au téléphone concernant son vin… Et je me dis que quand même, c’est une sacrée histoire que j’ai à raconter là ce soir et j’espère de tout coeur que ces vins séduiront l’assemblée comme ils m’ont déjà séduite.

Commentaires de la dégustation à venir…